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Rentrée sociale



Rentrée sociale
L'air de la rentrée commence à souffler doucement diffusant des échos de changement ou de repositionnement de responsables en prévision d'une nouvelle reconfiguration de l'échiquier politique national.Plus que quelques jours et c'est la rentrée sociale. Septembre est, en effet, à nos portes avec tout ce que cela sous-entend comme retour des congés, rentrée scolaire, universitaire et de formation. L'on sait cependant que quand des voix que l'on dit proches du sérail veulent distiller des «confidences», c'est qu'il y a possibilités de changement, de permutation ou alors de redéploiement des responsables en poste ou «en réserve de la république». Amateurs de repositionnement des pièces de l'échiquier politique, envieux de voir les choses bouger ou spécialistes de ballons-sondes, ses voix nous susurrent en tout cas, qu'il est fort probable que des changements interviennent à la rentrée sociale. Un nom qu'on n'oublie pas ou qu'on ne veut pas oublier, un nom qui, nous dit-on, a toujours été avancé « quand le pays est en crise », Ahmed Ouyahia est évoqué en première ligne dans les nouvelles supputations. L'on sait que les observateurs attendent de lui qu'il sorte le fameux document pour la révision duquel il a été chargé de mener des consultations avec « tout le monde». Mais depuis, rien n'a filtré à ce sujet. Toujours pas de nouvelle Constitution. «C'est comme si le sujet devait encore revenir dans les discussions pour occuper les esprits de « ceux qui veulent comprendre», nous dit un haut fonctionnaire. Une chose sur laquelle s'entendent de hauts responsables, le rappel de Ouyahia ne semble pas, selon eux, avoir été fait juste pour la révision de la Constitution. Quoi que la mission de consultations que le chef de l'Etat lui a confiée n'a pas été une grande réussite puisqu'il n'a pas eu à sa table «tout le monde». Ceux qui ont décliné son invitation ont «un poids politique » que le cercle décisionnel ne tient pas à ignorer. «Les décideurs ont besoin de voir se réaliser un consensus national qui leur permettra de renforcer leurs positions sans trop de grabuges», nous disent nos sources. L'on pense alors que dans ce « remue-ménage, le FFS a le meilleur rôle». Les mémoires se souviennent encore des échos d'un « important deal » entre le président de la République et le chef charismatique du FFS, Hocine Aït Ahmed.A LA RECHERCHE D'UN IMPERATIF «CONSENSUS NATIONAL»Deal qui devait empêcher ce parti «de se mouiller dans des histoires de printemps arabe comme ça a été le cas d'autres parties». Le FFS, nous explique-t-on, « doit rester serein et agir pour être ce rassembleur des forces nationales sans en exclure aucune». L'on dit ainsi que le parti de Aït Ahmed devra «faire tout pour tenter de convaincre de la nécessité d'un consensus national en ces temps de crises». Aït Ahmed qu'on donne pour « très malade » semble, à 88 ans, avoir encore du souffle pour orienter dans ce sens. Il est clair que tous les acteurs de la scène politique veulent se placer aux premiers rangs et occuper des sièges avant-gardistes. Le nouveau parti qui se dit « proche des Frères musulmans », «Haraket El binaa El watani », s'est aussitôt proposé d'être «un trait d'union» à cet effet. Tout en cherchant à formaliser un tel consensus, le clan présidentiel est, dit-on, entrain de re-chercher les personnes qu'il faut pour «reprendre (garder) les choses en main». Des hauts fonctionnaires avancent même dans ce sens que « les jours de Sellal sont comptés». Faut-il comprendre qu'il n'a pas réussi ses missions ' «Bien au contraire, il a bien travaillé, mais les temps se compliquent et le pays va probablement devoir faire face à de dures épreuves, il se doit de garder la tête froide et d'être sans états d'âme, être plus que jamais alerte», soutiennent-ils. C'est là que le nom de Ouyahia revient sans hésitation. Ouyahia, Premier ministre ' «Pourquoi pas, il peut être l'homme de la situation», pensent ceux qui le connaissent, qu'ils l'aiment ou pas « ce n'est pas important». Un homme de dossiers, reprend-t-on, convaincus de « la froideur de son esprit et de sa force d'endurance dans les moments les plus durs». L'on rappelle qu'il a été chef de gouvernement dans les périodes les plus complexes de l'histoire de l'Algérie, entre autres les années de terrorisme et surtout les différentes phases d'application des plans d'ajustements structurels imposés par le FMI suite au rééchelonnement de la dette.LES DEMONS DE LA DESTABILISATION AUX PORTES D'ALGER«A cette époque, Ouyahia a été aussi un acteur principal dans la création du CNSA (Comité national pour la sauvegarde de l'Algérie), qu'on voulait comme front interne contre le terrorisme», notent nos interlocuteurs. Un remake d'une telle initiative serait une belle réponse, selon eux, aux appels pressants des gouvernants, entre autres Abdelmalek Sellal, en faveur de la constitution et la consolidation d'un « front interne ». Parce que, pensent les analystes, le pays est encerclé par les démons de la déstabilisation. « Les problèmes d'insécurité en Tunisie, en Libye, au Mali, le trafic de drogue aux frontières ouest ou le complot, tout plaide en faveur d'une résistance politique et populaire contre les vents ravageurs qui soufflent sur l'Algérie», pensent nos sources. Ouyahia doit savoir ce qui se passe au moins au Mali pour avoir eu en main ce dossier pendant une longue période. Cependant, un nouveau nom pourrait lui faire de l'ombre tant celui qui le porte s'en sort bien dans la gestion «diplomatique» des affaires de l'Etat. Ramtane Lamamra, l'actuel ministre des Affaires étrangères a aussi le vent en poupe. Un nom qui sonne bien quand il s'agit du continent africain pour avoir été associé pendant de longues années aux actions des commissions les plus importantes de l'Union africaine. Mieux, « il sait parler quand il s'agit de se prononcer sur des questions politiques cruciales de l'Afrique et du reste du monde», disent ceux qui le connaissent bien. Il sait convaincre de la justesse des positions algériennes. Ouyahia et Lamamra sont «mis » face à face dans les discussions qui alimentent le microcosme algérois à la veille de la rentrée. Il faut admettre qu'ils sont évoqués depuis que les Etats-Unis tentent de forcer la main à l'Algérie pour qu'elle passe outre ses principes cardinaux en matière de défense, qui sont la non-ingérence dans les affaires internes des Etats et l'intervention de son armée en dehors de ses frontières. John Kerry, le secrétaire d'Etat américain, est bien venu le demander aux décideurs lorsqu'il a fait sa virée à Alger au début de l'année. Les Américains veulent plus que jamais convaincre (obliger ') l'Algérie d'intervenir en Libye et pourquoi pas au Mali. Si la demande a été faite « diplomatiquement » lors de cette visite, elle pourrait se faire par des entités militaires bien plus puissantes. Ce sont des contingences types où des feuilles de routes pourraient tomber pour (re)définir les rôles et fixer les missions aux différents pays de la région. Les Etats-Unis n'ont eu de cesse de répéter que l'Algérie a les moyens d'intervenir dans les conflits de la région, « plus que tout autre pays africain». Le dernier travel warning américain sur la situation sécuritaire en Algérie, semble cependant être « cette autre pièce à conviction » pour faire plier ses décideurs.DES INTERROGATIONS SINGULIERESEn clair, les Américains veulent que l'Algérie nettoie ce qui a été fait par l'OTAN en Libye. Ils pensent l'accabler de cette mission parce qu'elle a été la première à demander à ce que le «ramassage» des armes larguées par la force atlantique soit fait par les Libyens eux-mêmes « pour éviter d'autres interférences » que celles qui ont émietté la Libye pour les besoins d'une nouvelle cartographie orientale. Le président de la République aurait répondu à John Kerry lorsqu'il lui aurait fait savoir que Washington souhaiterait qu'Alger soutienne l'Ukraine dans sa crise avec la Russie « nettoyez d'abord ce que vous avez fait en Libye ». Les Etats-Unis veulent, en évidence, qu'Alger « choisisse » entre l'intervention de son armée ou alors une intervention étrangère lourde qu'elle a toujours refusée. Les choses ne sont plus simples. Elles se compliquent en permanence pour obliger à une reconfiguration des espaces africains, maghrébins et proche-orientaux selon les intérêts des puissants. Mais peut-être que le soutien affirmé et soutenu de l'Algérie aux Palestiniens et à leur résistance contre l'entité sioniste, serait un prélude à sa réponse à la demande américaine de passer outre ses principes cardinaux. Une demande qui pourrait être reformulée à la veille de cette rentrée sociale. C'est ce qui obligerait, en principe, a une reconfiguration des missions, des rôles et des postes des hauts responsables, de la sphère militaire, du renseignement et civile, qu'ils soient en service ou en réserve de la république. L'on avance en même temps une espèce de redéploiement des «grosses fortunes ». L'on dit que «ceux des hommes d'affaires qui étaient en pole position comme c'est le cas de Haddad, pourraient céder la place à d'autres d'une nouvelle race». Il faut croire que l'incendie de l'usine de Rebrab à Sétif a ouvert la porte à des interrogations assez singulières…


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