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Rendez des comptes Messieurs les ministres!



Rendez des comptes Messieurs les ministres!
[N'est-il pas temps aujourd'hui de revendiquer avec force le droit d'inventaire']N'est-il pas temps aujourd'hui de revendiquer avec force le droit d'inventaire'
Si M.Ouyahia a eu le courage d'avouer l'échec, les Algériens ont le droit de savoir qui a échoué et qui en est responsable'
L'aveu d'échec du gouvernement, prononcé publiquement par le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, appelle plusieurs interrogations. Si M.Ouyahia a eu le courage de ce difficile aveu d'échec, n'est-il pas temps aujourd'hui de revendiquer avec force le droit d'inventaire' Les Algériens ont, en effet, le droit de savoir où avons-nous échoué, qui a échoué et qui en est responsable' Le Premier ministre parle d'un échec collectif mais ce n'est pas aussi précis que cela. Les dossiers qui expriment d'eux-mêmes cet échec sont nombreux. Il reste à situer les responsabilités. La composante du gouvernement est appelée à changer dans quelques jours, mais les ministres sortants et même ceux qui seront maintenus, si tel sera le cas, rendront-ils compte de leurs exercices respectifs' Plusieurs secteurs ont connu des vertes et des pas mûres. A commencer par celui névralgique des transports. Tous les projets annoncés en grande pompe (métro d'Alger, tramway...) ont connu des retards et pas des moindres quand leur gestion n'est pas entachée d'irrégularité et de corruption. Des grèves cycliques ont paralysé, ces derniers 12 mois notamment, le transport aérien, le transport routier et le transport ferroviaire. Les chantiers de modernisation des voies ferrées, piétinent tout simplement. Ce n'est pourtant pas l'argent qui manque. Sous tutelle du ministère des Transports, l'Agence nationale de suivi et de réalisation des investissements ferroviaires (Ansrif) a été créée en 2005, avec pour objectif la modernisation et le développement du secteur des transports ferroviaires en Algérie. Elle disposait d'une enveloppe de 900 milliards de dinars alloués par les pouvoirs publics. Mais cela traîne toujours dans ce domaine. Selon des sources proches de cette agence, les projets de réalisation sont dans leur majorité à la traîne si bien, ajoutent les mêmes sources, que la consommation budgétaire a difficilement dépassé les 40% cette année! L'Algérie n'a certes pas la tradition dans ce domaine et ainsi tant que les responsables resteront embourbés dans la gestion opaque des affaires du pays sans que personne ne leur demande des comptes. Le dossier de l'affaire du parc Dounia révélé par le journal électronique TSA aurait suscité un grand débat dans un autre pays. En Algérie, le scandale est passé comme un simple fait divers. Aucun parti politique, aucune organisation de la société civile et aucune institution n'a jugé utile de réagir. Et dans un pays où le régime est incapable de mettre en place un gouvernement après plus d'un mois des élections législatives, le secteur des transports est loin d'être le seul où l'échec est une constante. Le secteur du commerce, depuis des années dirigé par un ministre islamiste (MSP), est livré à l'informel et à la contrebande. L'Etat navigue à vue et se laisse balancer dans des décisions contradictoires où le populisme le dispute à l'incompétence. L'autre secteur qui souffre le martyre de la gestion hasardeuse est celui de l'industrie. Et les responsables qui en sont chargés doivent des explications à la population: où sont passés les grands projets structurants, les usines de construction automobile et les fabriques de textile' L'agriculture n'est pas en reste de cet échec qui recommence à chaque manipulation. L'effacement des dettes des agriculteurs a viré au fiasco et au clientélisme alors que de simples agriculteurs sont menacés de prison. L'Algérie, avec toutes ses terres fertiles, continue d'importer la pomme de terre et le... ail. Honteux! Malheureusement, ces secteurs ne sont pas les seuls affectés par l'échec. Les plus touchés sont notamment l'éducation, l'enseignement supérieur et la santé. Ce dernier département est éclaboussé chaque année par des centaines de grèves. Les pénuries cycliques de médicaments, le mépris des syndicats autonomes, la mainmise des lobbys sur l'importation...etc. Idem pour l'Education nationale. L'école est sinistrée. Des centaines de grèves récurrentes la paralysent chaque saison. La liste des carences est longue. L'enseignement supérieur n'échappe pas au constat. Le successeur de Rachid Harraoubia n'aura pas la mission facile pour remédier à une situation catastrophique, à moins que la décision de perpétuer l'échec est irréversible. Le constat d'échec concerne aussi le sport. Niveau très faible de championnat malgré les milliards dépensés, représentation catastrophique de l'Algérie dans les compétitions régionales, continentales et mondiales et des infrastructures qui laissent à désirer. Où sont les infrastructures, les grands stades promis' Paradoxalement, aucun ministre algérien, face à ses échecs, face aux scandales qui ont éclaboussé son département, face aux grèves qui ont secoués son secteur, n'a démissionné. Mais lorsqu'on comprend l'affaire du scandale de Sonatrach et pourquoi le ministre de l'Energie n'a jamais été inquiété, on aura tout compris. Mais jusqu'à quand et où l'impunité nous mènera-t-elle' Avec toutes les richesses, les réserves de change, plus de 400 milliards de dollars dépensés en 10 ans, l'Algérie n'assure pas à ses citoyens le minimum qui est l'eau, le gaz et l'électricité. Il est temps que le peuple demande des comptes.


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