Alger - Revue de Presse

Regard



Entre espoir et préoccupations C’est un président fatigué, probablement par les grosses chaleurs de ce caniculaire mois de juillet et les quatre jours, déjà, d’inspections menées à un rythme soutenu, qui est arrivé à Oran. Un Président que les Oranais ont attendu de longues heures durant, pour lui souhaiter la bienvenue et lui exprimer un soutien indéfectible, certes, mais également pour voir «en chair et en os» et juger de par eux-mêmes d’un état de santé, que l’on dit fragile. Rien, en cet été sec et brûlant, n’indiquait que la capitale de l’Ouest allait être visitée. Rien de bien urgent, en tous les cas. Et si Bouteflika a, quand même, tenu à effectuer ces inspections dans les deux grandes cités de l’ouest, c’est probablement en prévision d’autres visites, urgentes celles-là. Les projets, lancés depuis la présidentielle de 2004, sont nombreux et ils ont été multipliés en cours de route, tout comme le budget qui leur est consacré. De 11, il est passé à 55 pour se situer, aujourd’hui, à 100 milliards de dollars et pourrait dépasser ce chiffre, irréel déjà. Des sommes qui donnent le vertige mais qui aiguisent bien des appétits. Les généraux ne sont plus là pour endosser l’habit étroit que l’on veut leur faire porter et Bouteflika veut s’assurer que ces sommes énormes ont été investies dans des projets d’utilité publique. Il ne s’agit plus de trottoirs à refaire ou de saupoudrages de routes qui exposeront leurs entrailles à la première pluie venue, mais de gros projets socioéconomiques qui permettront à l’Algérie de postuler au statut de pays pré-émergent. L’Algérie est riche. Des milliards de dollars de réserve de change, et tout autant dans d’autres caisses pour mettre les générations futures à l’abri de la dépendance d’un baril vers lequel louchent trop de puissances. Une richesse qui est appelée à se démultiplier, d’autant plus que le handicap de la dette a été levé et que les Algériens semblent réapprendre à ne compter que sur eux-mêmes. Si l’Etat providence n’est qu’un lointain souvenir et si les Algériens ont été durement frappés par les restrictions imposées par les institutions monétaires internationales, les requins qui ont déjà englouti les 26 milliards évoqués par Brahimi, aspiré les économies de dizaines d’entreprises par Khalifa Bank interposée et détourné des centaines de milliards de dinars entreposés dans des banques, sont à l’affût. C’est, probablement, la raison pour laquelle Bouteflika veille personnellement à ce que ses compatriotes aient un logement, un boulot, de l’eau et la paix. Si les Algériens perçoivent, perceptiblement, les préoccupations de celui qui leur a promis de leur rendre fierté et dignité, ils se posent en revanche d’autres questions. Comme celles de savoir pourquoi des responsables défaillants -selon eux- sont maintenus à de hauts postes de responsabilité, et pourquoi le Président ne demande pas l’aide du peuple qui lui fait aveuglément confiance? Se préparerait-il à donner le coup de grâce à des cercles qu’il sait malveillants, ou serait-il l’otage de criminels qui n’ont pas hésité à assassiner en direct un prédécesseur?
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)