Alger - Revue de Presse

Regard



L’Extrême-Orient, un monstre menaçant La récente bataille autour de la surpêche du thon rouge a chauffé les esprits du côté de Marseille. Le lobby des thoniers a réussi à faire plier la municipalité sur la visite du «Rainbow Warrior», bâtiment amiral de Greenpeace, au port de la cité phocéenne. Jean Claude Gaudin, le maire, a obtempéré et refusé ainsi à ce bateau l’autorisation de se mettre à quai. Bien sûr Greenpeace n’en espérait pas tant pour sa publicité, car ce refus a été pour elle une occasion unique de faire parler d’elle sans débourser un sou. L’objet de la discorde est la pêche abusive du thon rouge.Les experts sont unanimes: les stocks de ce poisson tant convoité sont passés au-dessous du seuil critique des 70% et si le rythme actuel est maintenu, l’animal disparaîtra dans un délai de cinq ans tout au plus. Le fait est que le thon rouge, comme la corne de rhinocéros, la nageoire dorsale du requin ou la chair de baleine, sont des mets de luxe dans les pays du Soleil levant. Du moment que les Japonais en raffolent et sont prêts à y mettre le prix, les pêcheurs sont disposés eux aussi à traquer les bancs tant qu’il y aura de quoi vendre. Les habitudes culinaires des Extrême-orientaux sont d’authentiques menaces pour la survie de beaucoup d’espèces... Bien évidemment, une association comme Greenpeace ne pouvait qu’être mal reçue par les thoniers marseillais qui utilisent les moyens les plus sophistiqués pour la localisation du précieux butin; le satellite et les moyens électroniques les plus avancés que l’espace peut offrir sont mis à leur disposition. Le thon n’est pas prélevé sur place, il est simplement capturé et séquestré par centaines d’individus dans une barge flottante où il est engraissé et livré à la date voulue par le client! Le thon n’a aucune chance d’en réchapper. La réserve n’a pas le temps de se reconstituer. Si dans notre pays nul n’a les moyens de pratiquer ce type de sport, l’Etat algérien a attribué des concessions directement aux pêcheurs japonais et coréens qui s’en donnent à cœur joie, là-bas au large. On sait que pour la crevette, les choses ont tourné au désastre entre nous et les Espagnols, qu’en est-il pour le thon?   G. Hamida
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