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Reflet culturel



Reflet culturel
Alors que le monde du cinéma est perçu ailleurs comme une institution pour le développement culturelle, l'épanouissement de l'intelligence et qui donne lieu à une véritable industrie du septième art, en Algérie, à force de contrôle et de censure, il a fini par être détruit, décimé, annihilé aussi bien matériellement qu'humainement. Il est vrai que l'audiovisuel a de tout temps été considéré comme moyen stratégique pour la propagande des idéologies et l'Algérie n'a pas fait exception. De ce fait, notre cinéma a très tôt été verrouillé et mis sous monopole de l'Etat à l'exception de la courte initiative privée dénommée 'Casbah Film' qui a produit entre autres la Bataille d'Alger. À signaler tout de même qu'il y a eu quelques films de bonne facture qui ont pu passer à travers le contrôle de la commission de censure. La cascade des entités successives que prendra l'institution cinématographique algérienne est à elle seule révélatrice des nombreuses astuces, passées sous la fallacieuse tactique de restructuration, pour mieux préparer sa mise à mort. En effet, elle est passés du CNC (Centre national cinématographique), à l'Oncic (Office national du cinéma et de l'industrie cinématographique), simultanément à l'Enaproc (Entreprise nationale de production cinématographique) et à l'Enadec (Entreprise nationale de distribution cinématographique), puis au CAAIC (Centre algérien de l'art et de l'industrie cinématographique) doublé curieusement de l'ENPA (Entreprise nationale de production audiovisuelle) et de l'Anaf (Agence nationale des actualités filmées) et enfin à son écroulement juridique général. Comme pour encore empêcher toute renaissance éventuelle, les anciens locaux du CAAIC situés du côté de Ben Aknoun (un bâtiment de huit étages) ont été squattés par un parti politique de l'ancienne alliance présidentielle et qui en a fait son siège. Le personnel, qui pourtant a acquis une expérience non négligeable, a été disloqué entre les statuts de retraite, de reconversion et de chômage quand ce n'est pas tout simplement l'abandon et la détresse. Les anciens laboratoires situés au centre d'Alger, aujourd'hui dans un état de délabrement indescriptible, abritent une délicate et fragile association qui fait tout pour sauvegarder au moins la mémoire du cinéma algérien et quelque matériel non encore dilapidé par les décideurs. L'association se débat dans des difficultés inexplicables. Voilà le sort réservé à une institution d'éducation culturelle et d'éveil. L'argument selon lequel le secteur est budgétivore ne tient pas la route pendant que des budgets faramineux sont gaspillés à tord et à travers, et à longueur d'année dans de nombreuses activités sporadiques, stériles et totalement improductives. Mais ce sont tous les milieux où doit se développer l'intelligence, à l'exemple de l'école entre autres, qui ont été savamment sclérosés. Il faut bien conditionner, affaiblir, retarder et museler le peuple pour mieux l'asservir !
A. A.
(kocilnour@yahoo.fr)


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