La valeur Trésor cotée à la bourse d’Alger
Pour faire face à ses besoins en matière d’investissements, l’Etat lève un fonds de 150 milliards de DA d’Obligations Assimilables du Trésor (OAT), pour les négocier au niveau de la Bourse d’Alger selon le mode de cotation appliqué aux autres titres de créances. S’adressant particulièrement aux institutions, investisseurs et quelques particuliers, la souscription à ces obligations est ouverte à un taux nominal d’un million de dinars. En tout, 14 lignes d’OAT ont été introduites sur un échéancier de 7, 10 et 15 ans. Ces titres souverains, qui demeurent peu volatiles et sans fluctuation apparente en terme de coût, seront négociés à concurrence de trois séances hebdomadaires (lundi, mardi et mercredi). En visite hier à la Bourse d’Alger, vivant longtemps en léthargie, le ministre des Finances, Karim Djoudi, en compagnie du président de la COSOB et des DG des banques publiques, annonce la couleur. «Par cette opération directe et sans risque, l’Etat donne un signe fort à la redynamisation de l’activité boursière, donc du marché des capitaux». «Nous offrons une garantie pour que les émetteurs entrent en bourse», soutient-il. Certes, reconnaît Djoudi, la Bourse a été décriée par un certain nombre de personnes; seulement, aujourd’hui, avec un gisement de titres de 300 milliards de DA, elle retrouve sa vitalité; avec trois titres Obligations Créances, deux titres Actions et un titre Obligations Assimilables du Trésor. Pour Djoudi, la bourse d’Alger n’a pas mal. Elle peut accueillir des sociétés voulant augmenter leur capital ou complètement l’ouvrir. Sur la privatisation des entreprises à travers la Bourse, Karim Djoudi répond que le dossier est actuellement entre les mains de Temmar. L’ouverture de capital par bourse, limité au minimum à 20%, requiert selon lui trois exercices positifs pour l’entreprise, une information financière régulière et qu’elle soit une SPA. 80% des entreprises algériennes sont des SARL.
Pour sa part, le DG intérimaire de la Bourse d’Alger estime que la cotation de la valeur Trésor signifie un décloisonnement du marché des titres créances. Créant ainsi une passerelle entre le marché primaire (banques et assurances) et le marché secondaire (Bourse). Il estime néanmoins que la fébrilité des opérateurs privés d’entrer en Bourse s’explique par le tissu familial (Eurl ou Sarl) de la majorité des entreprises algériennes. Quant à la crainte de quelques grands groupes pour le marché boursier, notamment à cour terme, à l’image de Cevital ou d’OTA, l’intérimaire de la Bourse d’Alger l’impute aux choix stratégiques de ces mégagroupes qui disposent, selon lui, d’un autofinancement et de ressources internes qui leur permettent de faire face à leurs besoins en investissements.
Toutefois, il avoue l’imminence de l’institutionnel sur le marché boursier et obligataire. Et la Bourse d’Alger est loin devant celles de nos voisins marocains et tunisiens ou celle du Caire forte d’un marché de capital très étoffé.
Abed Tilioua
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com