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Rédha Malek, compagnon de lutte : «Un anticolonialiste, un juste» Actualité : les autres articles



Rédha Malek, compagnon de lutte : «Un anticolonialiste, un juste»                                    Actualité : les autres articles
Je perds un ami, un frère de combat et par-dessus tout, c'est un juste. Une perte terrible et irremplaçable. Pierre était un homme qui incarnait la justice.
Son attachement pour les valeurs de la justice et du progrès l'a naturellement conduit à prendre des positions fermes contre l'humiliation et l'oppression qu'a incarnées le système colonial. Dès le déclenchement de la Révolution, Pierre s'est rangé du côté du Mouvement de libération nationale en compagnie d'autres militants issus de la communauté européenne d'Algérie. Dès le départ, il a créé un pont entre les Européens d'Algérie et les musulmans. Son action aura une influence sur l'Eglise d'Algérie qui, sans hésitation, a défendu la cause algérienne. L'église de Belcourt (Alger) servait de cache aux militants nationalistes, comme Salah El Ouanchi, recherchés par la police coloniale. Cette position de l'Eglise prend une forme importante avec le père Duval qui, dès 1955, dénonçait la torture. Ainsi donc, Pierre Chaulet, qui s'est considéré comme un Algérien, s'est engagé pleinement dans la lutte de Libération en travaillant directement avec le Comité de coordination et d'exécution (CCE), organe dirigeant de la Révolution. Il était un anticolonialiste. Il a côtoyé les plus hauts dirigeants de la Révolution algérienne, en travaillant étroitement avec Abane Ramdane, Benyoucef Benkhedda'
Après son arrivée à Tunis, il rejoint l'équipe de l'organe central du FLN, El Moudjahid, où il a travaillé avec Frantz Fanon. Dans le même temps, il a soigné les réfugiés et les militants du FLN et créé un centre de documentation pour le compte de la Révolution. Après l'indépendance, il s'est attelé à former des spécialistes dans un esprit de bâtir une Algérie moderne et ouverte. Il lance le projet audacieux d'éradiquer la tuberculose. Sur le plan politique, il s'était intéressé à toutes les questions qui agitaient la société algérienne, avec une grande modestie, mais avec des positions fermes. Il défendait ardemment la gratuité de la médecine et l'accès aux soins pour tous les Algériens. En 1990, il est forcé à l'exil avec sa compagne Claudine, quand il a découvert qu'il était sur une liste de gens à éliminer. Il en a beaucoup souffert. Les terribles années sanglantes ne l'ont jamais détourné de son pays. Son attachement à l'Algérie était plus solide que toute autre chose. Cette Algérie à qui il voue une fidélité absolue. Il nous en donne encore la preuve par son choix d'être inhumé sur cette terre pour laquelle il a tout donné.
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