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Réda Malek : «De Gaulle ne nous a pas offert l'indépendance, on l'a arrachée»



Réda Malek : «De Gaulle ne nous a pas offert l'indépendance, on l'a arrachée»
L'ancien chef du gouvernement, Réda Malek, a affirmé que les accords d'Evian détenaient un aspect «purement protocolaire». «Ce n'est pas un kleenex bien au contraire, cela comprend les principes de la Révolution», a indiqué, hier, le membre de la commission de négociations de ces accords historiques du 19 mars 1962, lors d'un forum national.
Le temps de deux journées d'étude, historiens, moudjahidine et professeurs d'université exposent leur regard à l'égard de ce carrefour important dans le parcours de la constitution de l'Algérie indépendante. Cet évènement, organisé par l'université d'Alger 2, a été l'occasion pour les intervenants de retracer les rounds de ces accords ayant duré plus d'une année, depuis le 1er tour de négociations tenu le 20 mai 1961. Réda Malek a mis en exergue le rôle des Algériens dans l'aboutissement de ces résolutions. «L'Algérie a créé son histoire, et De Gaulle ne nous a pas offert l'indépendance, on l'a arrachée.» Il a expliqué que le président de la cinquième République s'est retrouvé dos au mur suite aux pressions internationales exercées notamment par les Etats-Unis. «La première fois que De Gaulle a été déstabilisé, c'est lorsque les USA avaient refusé de se prononcer sur l'affaire de l'Algérie en 1958.» M. Malek précise que depuis 1956, les délégations extérieures contactaient secrètement es Algériens pour trouver un terrain d'entente, sans succès. Poursuivant son récit des évènements ayant conduit à l'indépendance de l'Algérie, l'ex-chef du gouvernement explique que vers la fin de 1959, De Gaulle avait «décidé du principe de l'autodétermination avec une vision bien lointaine de celle du peuple Algériens». Une vision basée sur la séparation du sud du pays, autrement dit du Sahara, avec la mise en place d'un référendum portant sur l'autodétermination spécifique aux citoyens du Nord, laquelle a été «refusée par nous en raison de ce qui s'est passé auparavant au Vietnam, qui avait accepté ce principe». Revenant sur les détails de ces accords, le conférencier a indiqué que trois axes principaux ont constitué la feuille de route de la délégation algérienne conduite par Krim Belkacem, dont l'unité du peuple pour contrer le «plan français visant à introduire 1 million de Français» d'autant plus que «l'automaticité de la nationalité algérienne était hors de question. Nous avons proposé à ce que les Français, et durant huit ans, puissent profiter des droits civiques algériens». S'ajoute à cela, l'unité du territoire national qui a fait l'objet «longtemps» de divergences d'opinions entre les Algériens et le gouvernement français durant ces négociations marathoniennes. De son côté, l'ex-ambassadeur d'Algérie en Arabie Saoudite, Saleh Ben Koubi, lequel est revenu sur les grands moments de la révolution algérienne, a parlé des atteintes portées «à notre histoire».
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