« J'en viens
alors à me demander si la belle et touchante iconographie de l'Abbé Pierre
n'est pas l'alibi dont une bonne partie de la nation s'autorise, une fois de
plus, pour substituer impunément les signes de la charité à la réalité de la
justice. »(1)
Tiens, tiens…
Voila bien une citation - pour certains initiés dites-vous, hein ?- on ne peut
plus claire, tellement le sel de ce qu'elle recèle comme flair, dégage tout
l'arôme devant plaire à des facebookmen refusant
désormais de se taire ! D'autres, peuvent, entre autres, la réduire de la sorte
« l'habit ne fait pas le moine » non sans professer, du haut de leur trône
idéaliste épluché d'un inutile donquichottisme, son principal cours de change: l'apparence
peut être trompeuse ! Bercés dans l'illusoire couloir des mille et une nuits et
dorlotés dans les isoloirs de la foire du « vouloir c'est avoir » d'un noir qui
luit, en consommateurs passifs d'images iconographiques, de jour comme de nuit,
nombreux furent - et en demeurent ?- les grands absents ayant, contraints, fui
le prêche semant à vents restreints la miraculeuse « vouloir c'est pouvoir »
voire « c'est savoir »…
Le monde était ce
qu'il était avant la seconde guerre mondiale, il vit entre le printemps et cet
été la réincarnation des vandales ! Deux images supposées reflétant deux mondes
opposés ? L'auteur de l'intrigante voire contraignante citation précédente,
ayant « divulgué » le mythe des signes, n'a-t-il pas signalé en soulignant que
« Déchiffrer les signes du monde, cela veut toujours dire lutter avec une
certaine innocence des objets »(2). Que gardons-nous,
insoucieux ou inconscients, enfouis dans les profondeurs de notre descente
jusqu'à la tombe indécente, comme « dangereux » stéréotypes greffés par des
médias offensants et manipulés par d'angéliques présentatrices aux visages
innocents ; voire par l'AIEA(3), à la recherche «
tourmentée » de sa culture « mouvementée » dans le cocktail de capitale arabe,
africaine et islamique, ayant caressé depuis 1974 le rêve d'une influente place
à l'AIEA(4)?
Au gré des vents
évènementiels qui se sont tragiquement multipliés, ne nous sommes-nous pas
docilement pliés, avant de devoir sagement replier ? Quelle image
iconographique avions-nous, en 1990, applaudie et quel sanglant stéréotype
avons-nous, par la suite, maudit !? Il nous a fallu toute une fratricide
décennie, pour découvrir, à la lisière entre le désespoir et l'agonie, que les
promesses de « l'eau bénite» n'étaient que des kermesses de mirages sans
limite. Aussi, quelle fut, en 2005, l'image que nous nous sommes façonnés sur
l'accord « des dupes » concédé, tel un orphelin abandonné, à une Europe «
imposante » sur le démantèlement tarifaire - heureusement que la cloche vient
de sonner - ? Et par quel « merveilleux » oracle, l'image de nos hydrocarbures
avait balancé, en l'espace d'une année, par miracle, de la saignante
privatisation à l'enseignante renationalisation. « Quant aux Å“uvres des
négateurs, elles sont semblables à un mirage du désert que l'homme assoiffé
prend pour de l'eau, mais quand il y arrive, il s'aperçoit qu'il n'en est rien(…) »(5).
Et Al Jazeera fut ! Divorçant avec l'ancienne compagne qui
remplissait nos jarres, pour qui nous avions juré fidélité jusqu'à ce que la
mort nous sépare, nous nous jetâmes, corps et âmes, en éphémères éblouis par
les flammes, à la merci des chaines satellitaires
d'outre-mer, croyant étancher une haine « utilitaire » chez une seconde mère !
On s'amusait à se mentir mutuellement, sans oser se repentir naturellement, en
avançant l'argument des « véritables » émissions, tout en dissimulant
l'agrément des « adultables » permissions…
Pendant ces
temps-là, perdant à jamais le holà, rares ceux qui crièrent gare pour une
société multipliant ses tares et alors que « la signification devenait le mode
de penser du monde moderne un peu comme le « fait » a constitué précédemment
l'unité de réflexion de la science positive »(6), nous
nous enfonçâmes dans des polémiques « yajouz et la yajouz » stériles en occultant la pensée scientifique
vitalement utile ! Pataugeant en plein mirages, indécis, même pour nos
mariages, entre l'austérité figée ou la sonorité d'un DJ, nous nous livrâmes,
sous la portée des vagues, aux archétypes en vogue, en classant nos vertueux
principes dans la catégorie des blagues dont la case finale n'était autre que
la morgue ! Nous nous étions presque tous métamorphosés, sous une ambiance
d'adaptation sclérosée, en analystes « osés » ! Nous croyions que l'air
démocratique soufflait toujours de l'atlantique et nous nous blâmâmes même de
notre cordon ombilical soviétique…Petit à petit, on commençait à percevoir des
cliquetis. On découvrit, bien que la majorité soit sortie des facs, qu'on
n'était pas vraiment dans un sécurisant et rassurant tarmac. Des « marchands »
d'une démocratie cagoulée, soutenant et soutirant des monarchies pétrolées,
assistés, pour se défouler, par un ensorcelant harem pharaonien qu'on ne
pouvait guère refouler, se ruèrent sur un ex allié d'hier, qui fut incité - il
en était maladroitement fier - à annexer son « frère » qui l'avoisinait à un
jet de pierre…On comprit alors que l'image véhiculée par la CNN était loin d'être celle
d'un intrépide Sindbad, qui rentrait, victorieux de
ses aventures à la débandade, à l'abbassidienne Bagdad
! Depuis, bon nombre d'entre-nous, ont logiquement compris que « toutes ces
«lectures» sont trop importantes dans notre vie, elles impliquent trop de
valeurs sociales, morales, idéologiques, pour qu'une réflexion systématique
n'essaie pas de les prendre en charge »(7).
Sommes-nous vraiment, à l'aire du facebook, en mesure
de lire sagement les images au new-look ? Avons-nous de solides, authentiques
et crédibles tamis, aux références originales de notre patrimoine culturel et
cultuel, nous permettant de distiller sans dérive, avant une quelconque
consommation passive, toutes les images dubitatives, servies par nos ennemis
comme nos amis ? Ou, contaminés par la maléfique paresse d'une prise en charge
héritée, financée, à satiété, par un pétrole tissant une fausse socialité,
cassant les bras de nos haraga par des ANSEJ et que
sais-je, prêchant « qui veut gagner des millions !», nous nous sommes réduits,
à des « rattrapeurs d'années » aux universités, des
leveurs de main d'une APN presque sans utilité, des éducateurs forcés à
remplacer la qualité par la quantité, des élus locaux totalement investis dans
les susceptibilités…Bref, à des êtres ayant à fleur de peau l'incurable
sensibilité !?
Avec la sérénité
d'un tel héritage, notamment à l'issue de la tragique
trinité « bouclage, barrage, ratissage », ne sommes-nous pas en train de
percevoir, avec une certaine crédulité, les mirages dans chaque réception
d'images !? Comment l'Autre nous perçoit-il ? Sommes-nous « seulement » une
Algérie postcoloniale voire une Algérie d'avant et après le premier mandat ? Ou sommes-nous le produit de générations de révoltés de
Jugurtha à Zabana ? Et ce monde - standardisé et
normalisé au NOA(8)- qui nous entoure et nous gronde,
a-t-il vraiment l'air qu'il s'en donne, ou sommes-nous sujets à des révélations
wikileaks hallucinatoires immondes ?
Décoder le
langage iconographique, « vendu » sous un marketing euphorique, n'est
vraisemblablement pas un simple déchiffrement syntaxique ! Une image
maladroitement voire faussement intériorisée, greffera fatalement une idée
altérée d'une vérité subtilisée et plantera immanquablement un schème
déstructuré sur la réalité d'un bain phénoménique(9) terrorisé, qui, ricochant entre les murs de notre boite
crânienne, nous téléguideraient, tels des somnambules, en nous précipitant vers
les cascades lucifériennes. Dépoussiérons donc, en sages, nos images pour
reformuler le puzzle de nos idées figées voire nos préjugés ! « Le masque est
tombé du masque, le masque est tombé… »(10). Amen…
*Universitaire
Notes :
1-Roland Barthes,
«Mythologies», Editions du Seuil, 1970, p. 97
2-Roland Barthes,
« La Cuisine Du
Sens », Le Nouvel Observateur, 10/12/1964
3-Appareil
Idéologique de l'Etat Algérien
4-Agence
Internationale de l'Energie Atomique
5-Coran, XXIV-39
6-Roland Barthes, op. cit. « La Cuisine Du Sens »
7-Ibid., même
article
8-Nouvel Ordre
Américain
9- « Phénoménisme
» doctrine philosophique n'admettant que des phénomènes comme objet
d'expériences
10-Mahmoud Darwich
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Ecrit par : B Khelfaoui*
Source : www.lequotidien-oran.com