L’enquête se poursuivra en Algérie
L’énigme du petit Mohamed, laissé par sa mère à une nounou en France et à propos duquel un tapage médiatique a été provoqué, est loin d’être résolue...
La femme, une Oranaise de 34 ans, qui s’était présentée comme la mère du petit garçon retrouvé seul en août dans une cité de Marseille a été mise en examen ce mercredi pour «simulation d’enfant». Des expertises ADN ont révélé qu’elle n’était pas sa mère biologique. Du coup, le parquet va aussi vérifier la filiation des quatre autres enfants de la jeune femme. Les résultats des tests ADN seront connus mercredi prochain. En attendant la suite de la procédure, les cinq enfants ont été confiés à l’assistance sociale.Pour sa part, elle a affirmé avoir adopté l’enfant en Algérie selon une procédure locale. Mais le procureur de la République a estimé jeudi qu’il y avait «trop d’interrogations» dans ce dossier. Pourquoi ne pas avoir dit la vérité tout de suite? Pourquoi avoir présenté un faux acte de naissance? Avec quelles ressources cette femme vivait-elle? Pourquoi rentrait-elle souvent en Algérie? Des questions toujours sans réponse. Les expertises ADN ont ainsi parlé et la femme qui disait être la mère du petit garçon retrouvé seul en août à Marseille n’est pas sa mère biologique.
Placée en garde à vue une première fois à son retour d’Algérie le 19 août, la mère supposée du petit Mohamed, deux ans et demi, a finalement été mise en examen mercredi pour «simulation d’enfant, aide au séjour irrégulier et faux en écriture publique». Elle a été placée sous contrôle judiciaire avec interdiction de quitter le territoire national. Mais au-delà, de nombreuses questions restent sans réponse.
La femme s’est défendue en évoquant une adoption qui aurait été validée par la justice algérienne. Selon elle, la vraie mère de l’enfant serait une jeune femme célibataire qui aurait eu peur des réactions de sa famille. Elle a aussi déclaré avoir eu peur qu’on lui enlève le garçon qu’elle dit avoir pris en charge peu après sa naissance en 2006. Mais les enquêteurs s’interrogent sur le fait que la femme ait présenté un faux certificat de naissance. Le procureur a, lui, souligné que l’adoption était interdite en Algérie comme dans la plupart des pays musulmans mais que le pays l’autorisait sous conditions de la «kafala» (recueil légal), procédure non reconnue en France comme une adoption. L’enquête va désormais se poursuivre en Algérie pour déterminer si le garçon a bien été pris en charge dans ce cadre.
Le procureur de la République a estimé jeudi qu’il y avait «trop d’interrogations» dans cette affaire. «On a quand même beaucoup de doutes par rapport aux changements de versions», a souligné Jacques Dallest lors d’une conférence de presse.
Rappelons que le petit Mohamed a été retrouvé seul le 5 août sur une esplanade de la cité de Fonscolombes, dans le troisième arrondissement de Marseille. Au bout de treize jours enfin, une voisine l’a finalement reconnu sur une photographie. Celle qui est présentée comme la mère, contactée en Algérie, est priée de rentrer au plus vite. Elle explique alors aux enquêteurs qu’elle est partie au chevet de sa mère malade, sans avoir pu emmener le dernier de ses cinq enfants en raison d’un problème de passeport.
Selon la version des faits, connue jusqu’alors, l’enfant a alors été confié à une amie. La prétendue mère lui donnant 500 euros, de la nourriture et des vêtements. Elle devait lui verser 200 euros supplémentaires à son retour prévu le 25 août. Mais l’enfant échappe à la vigilance de la «nounou» qui n’ose pas se présenter à la police car elle est en situation irrégulière. La prétendue mère assure qu’elle ne le savait pas et que son amie lui a également caché la disparition de Mohamed pendant 13 jours. Selon une source proche de l’enquête, toute l’affaire tourne autour des problèmes de séjour irrégulier, principalement celui de la «nounou» qui aurait effectué un mariage blanc et qui demeure toujours introuvable. Déjà, beaucoup de questions qui tournent autour de celle qui s’est présentée comme la mère: pourquoi ne pas avoir dit la vérité tout de suite? On attend vivement la réaction des autorités judiciaires algériennes, une fois saisies par leurs homologues françaises...
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Amine B.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com