Alger - Revue de Presse

Rébellion touareg au nord du Mali



Hassan Fagaga rejoint Bahanga Après une accalmie qui aura duré un peu plus de trois mois, voilà que la rébellion touareg au nord du Mali reprend de plus belle avec, en guise de premier bilan, dix civils tués et une quarantaine de soldats maliens enlevés par les hommes de Ibrahim Ag Bahanga, le nouveau chef de file de la rébellion. Mais au-delà des statistiques, le fait le plus lourd à relever est sans doute cette nouvelle répercutée hier par l?AFP et faisant état de la désertion ? la deuxième du genre en deux ans ? du lieutenant-colonel Hassan Fagaga, une figure de proue de l?ex-rébellion, pour aller rejoindre le maquis, sans doute auprès de Ibrahim Bahanga. Cela s?est passé dans la nuit de jeudi à vendredi. « Depuis cette nuit, le lieutenant-colonel Fagaga n?est plus à son poste. Avec quelques véhicules lui appartenant, il est entré dans le désert pour rejoindre Ibrahim Ag Bahanga », a déclaré à l?AFP un responsable du gouvernorat de Kidal (1600 km au nord-est de Bamako) sous couvert de l?anonymat. « Je confirme, il est parti avec huit civils. Nous considérons qu?il est déserteur », a ajouté une source militaire jointe à Kidal par l?AFP. Pour notre part, nous avons tenté plusieurs fois de joindre Hassan Fagaga lui-même. Son cellulaire Thuraya sonnait mais l?homme ne répondait pas. Rencontré en juin dernier à Kidal où il nous avait reçus dans sa maison, le lieutenant-colonel Hassan Fagaga nous avait exprimé ouvertement ses réserves au sujet du plan de paix proposé par Bamako et qui avait été couronné par l?accord d?Alger du 4 juillet 2006 entre le gouvernement malien et l?Alliance démocratique du 23 mai pour le changement. « Il y a beaucoup de problèmes auxquels est confrontée cette région et nous avons dit qu?il lui fallait un statut particulier. Le gouvernement voit dans cette revendication une menace à l?intégrité territoriale du pays alors que nous y voyons, au contraire, un facteur de stabilité. Le gouvernement voit les choses différemment et aujourd?hui, nous sommes dans l?impasse. Personnellement, je ne vois aucune solution dans l?état actuel des choses », nous avait alors déclaré l?instigateur des attaques du 23 mai 2006 contre plusieurs garnisons à Kidal et Aménaka (El Watan du 24 juin 2007). Au moment où nous l?avions interviewé, Hassan Fagaga venait d?être nommé à la tête du commandement des unités spéciales créées en vertu de l?Accord d?Alger. L?ancien mutin restait perplexe quant à une éventuelle trêve de longue durée. Et voilà que la région connaît une nouvelle agitation. Rappelons que Ibrahim Bahanga avait lancé le 11 mai 2007 une attaque contre un poste de sécurité à Tinzaouatène, une opération qui s?était soldée par la mort de deux soldats maliens et de huit assaillants. Les 26 et 27 août dernier, il récidive en tendant des embuscades contre l?armée malienne qui se solderont par l?enlèvement d?une quarantaine de soldats dont neuf seront libérés mercredi suite à une opération de l?armée régulière. Jeudi, dix civils trouvent la mort dans l?explosion d?une mine qui a atteint de plein fouet un camion qui les transportait. Selon une source du gouvernorat de Kidal citée par l?AFP, le camion venait d?Algérie et a sauté près de la localité de Tinzaouatène (Tinza-Mali, comme on dit là-bas), non loin de la frontière algéro-malienne. Pour l?heure, nous ne sommes pas en mesure de dire s?il y avait des Algériens parmi les victimes. L?on sait que la région frontalière ne connaît pas de barrière entre les Touareg des deux pays. Par ailleurs, il faut savoir qu?à Kidal comme à Gao, la majorité des produits alimentaires proviennent de l?Algérie et la région de Tinzaouatène est approvisionnée principalement à partir de Bordj Badji Mokhtar. A noter que Iyad Ag Ghali, haute figure du mouvement Azawad des années 1990 et membre fondateur de l?Alliance démocratique du 23 mai pour le changement, a pu entrer en contact téléphonique avec Ibrahim Bahanga. « Il a pris l?engagement de ne plus attaquer les positions de l?armée et de ne plus tenter d?enlever d?autres militaires », a-t-il assuré à l?adresse de Serge Daniel, le correspondant de l?AFP et de RFI. Iyad Ag Ghali, qui avait « couvert » politiquement, en mai 2006, le mouvement insurrectionnel de Hassan Fagaga, devait se rendre hier à Kidal pour tenter de désamorcer à nouveau la situation et faire libérer le reste des otages détenus par Bahanga.
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