Photo : Riad
Par Bahia Aliouche
L'Algérie, à l'instar d'autres pays producteurs de gaz, 'uvre pour l'indexation des prix du gaz sur ceux du pétrole dans le cadre des contrats à long terme qui assurent un débouché aux investissements gaziers engagés par les pays producteurs.
Car, selon le ministre de l'Energie et des Mines, M. Youcef Yousfi, une suppression du principe d'indexation du prix du gaz sur celui du pétrole pourrait constituer un risque sur la sécurité de l'approvisionnement du marché mondial de cette énergie.
Pour sa part, l'expert international en énergie, Nicolas Sarkis, considère que l'indexation du prix du gaz exporté sur le prix du pétrole est «un garde-fou» contre les risques encourus par les pays producteurs, notamment en matière d'investissement.
Mais en raison des tensions que suscitent les prix du gaz entre pays producteurs et consommateurs, les parties prenantes à ce marché pourraient opter solidairement pour une formule de prix hybrides, estime l'ancien P-dg de Sonatrach, Abdelmadjid Attar.
Lors du 4e Symposium de l'Association algérienne du gaz (AIG), tenu lundi dernier à Alger, M. Attar a indiqué que le débat est ouvert entre producteurs et consommateurs sur les perspectives pour les contrats gaziers à long terme. Il précise que l'Algérie en tant que pays exportateur revendique des contrats avec des formules de prix à long terme susceptibles d'assurer la couverture des investissements et de garantir l'enlèvement des quantités de gaz nécessaires au maintien de l'activité production.
La garantie de l'enlèvement, ajoute-t-il, «est une condition exigée par la plupart des producteurs à l'exception de quelques pays». Les consommateurs exigent, pour leur part, une sécurité de l'approvisionnement à moyen et à long terme, mais avec une flexibilité des prix indexés sur le marché Spot comme c'est le cas en Amérique du Nord.
Cette revendication suscite des discussions mais aussi des tensions. «Nous allons peut-être nous orienter vers plus de compréhension de part et d'autre. Pour l'Algérie, ce serait une catastrophe si elle accepte de s'orienter vers le marché Spot, et ce, malgré la concurrence du gaz de schiste américain et du GNL qatari, et de la crise économique qui ferme ses débouchés traditionnels», explique M. Attar.
Selon l'ex-P-dg de Sonatrach, il y aura «probablement une formule hybride entre le Spot et le long terme, car il ne faut pas perdre de vue des facteurs comme les réserves, les capacités de production et également les facteurs géopolitiques». Il n'est pas souhaitable, de son avis, d'aboutir à un marché Spot globalisé.
M. Attar avance que le GNL va désormais influer davantage sur l'évolution des marchés régionaux de gaz et c'est pour cette raison que l'Algérie a investi dans ce domaine en doublant ses capacités de liquéfaction. M. Sarkis estime, quant à lui, que le principe d'indexation des prix du gaz sur le pétrole devrait être réajusté dans l'avenir par un mécanisme prenant en compte les intérêts tant des vendeurs que des acheteurs.
Le maintien de cette indexation, selon cet expert, est bien sûr dans l'intérêt de l'Algérie, surtout dans le cadre des contrats à long terme. Cette indexation était et reste toujours inévitable tant que le pétrole est la principale source d'énergie. M. Sarkis, consultant international sur les questions d'énergie, relève toutefois que les choses évoluent et que, dans une trentaine d'années, la part du gaz sera du même ordre de grandeur que celle du pétrole, soit près de 30% dans le total de la production d'énergies primaires, avant de dépasser le pétrole et de devenir la principale source d'énergie. Il faudrait donc entre-temps réajuster le principe de l'indexation et le remplacer par de nouveaux mécanismes répondant aux réalités du marché et aux intérêts réciproques des vendeurs et des acheteurs, prévient M. Sarkis.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : B A
Source : www.latribune-online.com