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Réajustements et dosage Nouveau gouvernement



Réajustements et dosage                                    Nouveau gouvernement
La nomination de Sellal met fin aussi à un état d'expectative. Elle rompt également avec une hibernation qui, en fin de compte, s'est révélée une simple pause. Parfois, on peut même s'autoriser de reculer pour mieux sauter. La composition du gouvernement traduit un souci de ne pas procéder à des changements de nature intempestive. Hormis le secteur de la Justice qui connaît un nouveau titulaire, les ministères de souveraineté sont confiés aux mêmes hommes. Alors que le pays affronte de grands défis qui nécessitent de contrecarrer les menées du terrorisme et de la déstabilisation à nos frontières, les départements de la Défense de l'Interieur et de la diplomatie ne connaissent aucun changement. L'approche des élections locales, dont les préparatifs sont déjà lancés, ont sans doute pesé dans le maintien de M. Ould Kablia à la tête du ministère de l'Intérieur. C'est la même logique qui semble avoir présidé à celui de M Djoudi aux Finances. Alors que la crise économique, comme a tenu à le souligner dès sa nomination le nouveau Premier ministre, charrie de mauvaises odeurs et englue le monde dans des sables mouvants, la continuité est préférable au culte « du changer pour changer ». Elle conforte une démarche, des résultats. Elle est préférable à un désir de tout chambouler. Il existe aussi un vice politique national qui croit qu'il suffit de tout remettre à plat, de tout rebâtir de zéro pour que les choses et les hommes aillent mieux. Tous les membres du gouvernement n'ont pas quitté leurs postes. Les résultats et les performances des uns plaident pour leur maintien. A contrario, de nouvelles têtes, dont des cadres efficaces et discrets, sont apparues. Des changements espérés sont intervenus dans les secteurs soumis, à l'instar de l'Education nationale, de la Jeunesse et des Sports et de la Santé, à de fortes perturbations. Ces départs sonnent comme une volonté d'apporter du sang neuf, de nouvelles visions... Le lien direct de la Santé, de l'Enseignement ou de la Jeunesse avec le quotidien des citoyens impose de semblables réajustements. Un gouvernement est aussi un savant dosage politique. L'élargissement de sa composante à des partis politiques comme l'ANR, le PLJ ou le MPA dont les dirigeants ont été nommés à des postes de responsabilité, traduit une volonté d'élargir la base sociale du gouvernement. Pour le professeur Abdellali Rezagui de l'université d'Alger, c'est le défi qui se pose pour les Etats dans le monde arabe. « Face aux évolutions politiques et économiques qui s'accélèrent, ils ne peuvent plus faire l'économie de l'ouverture aux autres forces sociales et briser la logique de l'appropriation des rouages », estime-t-il. Le maintien de certains ministres du MSP et le départ d'autres révèlent les tiraillements qui déchirent la direction de ce parti et signent aussi la fin de l'alliance présidentielle. Celle-ci pourrait renaître sous d'autres formes en faisant place au MPA de Benyounès ou au Taj de Ghoul. C'est la lecture et l'hypothèse que font déjà certains analystes après l'annonce du nouveau gouvernement.
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