Contrairement à la classe politique, la décision du parquet d'Alger a provoqué une avalanche de réactions sur la Toile.Entre soulagement et insatisfaction. Le mandat d'arrêt international lancé contre l'ex-ministre de l'Energie, Chakib Khelil, n'a pas vraiment secoué la classe politique. Au lendemain de la décision du parquet d'Alger, aucun communiqué n'est parvenu à la rédaction du journal. Les partis observent un silence total. Pourtant, il ne s'agit pas d'un simple événement. C'est pour la première fois depuis l'indépendance que la justice algérienne met en accusation un membre du gouvernement.
Les partis, qui ont fait de cette affaire leur cheval de bataille, n'ont pas apparemment jugé utile de pondre un communiqué. Pour certains que nous ayons pu joindre, les réactions sont mitigées. Le parti du RND a salué la décision du parquet. «Nous sommes soulagés par les décisions de la justice», a déclaré la porte-parole du RND, Mme Nouara Djaffar.
Jointe par téléphone, notre interlocutrice précise que le RND a toujours eu confiance en la justice. «Nous n'avons jamais mis en cause le travail de la justice surtout depuis le discours du président de la République qui a affirmé que l'Etat n'hésitera pas à demander des comptes à toute personne coupable aux yeux de la loi», a-t-elle soutenu.
Pour sa part, le FLN a exprimé sa satisfaction sur cette décision du parquet d'Alger. «Le FLN exprime sa pleine satisfaction sur cette décision visant à mettre la lumière sur cette affaire de corruption», a déclaré le porte-parole du parti. Contacté par nos soins, Kassa Aïssa estime qu'il y a lieu de mettre l'accent sur la nécessité de compléter l'arsenal juridique au niveau des entreprises et des institutions de l'Etat pour assurer un bon fonctionnement.
Contrairement, les partis de l'opposition affichent leur insatisfaction. Pourquoi attendre jusqu'à maintenant pour lancer un mandat d'arrêt contre l'ex-ministre de l'Energie' s'est interrogé le président du FNA, Moussa Touati. Joint par téléphone, notre interlocuteur se demande si le parquet d'Alger a réagi suite au mandat lancé par le parquet de Milan.
Le Mouvement de la société pour la paix n'a pas affiché sa satisfaction. «Nous serons rassurés quand on aura fini avec le phénomène de la corruption», a déclaré le responsable de la communication, M.Tiffour. Ce responsable estime qu'il n'y a pas de différence entre un responsable du gouvernement et un simple citoyen.
«Toute personne impliquée dans les affaires de corruption doit être traduite devant la justice», a-t-il martelé. Le porte-parole du MSP a affirmé que son parti soutient toute action qui vise à lutter contre la corruption. Les personnalités politiques affichent également leur satisfaction.
«Je suis très content de cette décision. C'est pour la première fois qu'on parle de corruption politique», a déclaré l'ancien ministre de la Communication, Abdelaziz Rahabi.
Joint par téléphone, M.Rahabi estime que cette procédure était prévisible vu l'absence de contrôle et de suivi et le manque de transparence au niveau du groupe Sonatrach. «Fort de l'appui du président de la République, le ministre Chakib Khelil ne rendait des comptes à personne», a-t-il tenu à rappeler. L'ancien ministre de la Communication reste peu confiant en la collaboration des autorités américaines avec l'Algérie. «Je ne suis pas optimiste sur la collaboration des Américains avec l'Algérie», a-t-il avoué, tout en précisant que le ministre n'échappera pas à la justice américaine.
Même avis exprimé par Me Miloud Brahimi, «cette décision était attendue dans la mesure où le nom de cette personne était cité dans plusieurs affaires de corruption Sonatrach 1», a-t-il affirmé, en précisant que le lancement d'un mandat d'arrêt est une étape de l'enquête judiciaire.
«Le parquet d'Alger n'a pas traîné le pas. Cette procédure intervient après des enquêtes», a expliqué M.Brahimi. Pour lui, beaucoup de travail reste à faire pour faire la lumière sur cette affaire. Contrairement à la classe politique, la décision du parquet d'Alger a provoqué une avalanche de réactions sur la Toile. Les facebookeurs étaient nombreux à commenter l'événement. «Est-ce la fin du clan Khelil'» «la justice algérienne va-t-elle aller jusqu'au bout'» s'interrogeaient les uns et les autres. Pour la plupart, cette procédure n'est que de la poudre aux yeux. Attendons pour voir!
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nadia BENAKLI
Source : www.lexpressiondz.com