
Louisa Aït Hamadouche (Maître de conférences à Sciences Po Alger) : «Une fois la machine d'une intervention militaire lancée, IL EST difficile de l'arrêter»L'Algérie refuse l'intervention, c'est clair. C'est pour elle une question de principe élevée au rang de dogme qui remplit une fonction visant à donner une identité propre à la politique extérieure de l'Algérie. Ce refus renvoie par ailleurs à une raison pragmatique d'ordre pratique, jamais une intervention militaire, qui plus est extérieure, n'a jamais permis de résoudre un conflit dans lequel s'est incrusté le terrorisme. Un consensus international se construit sur l'importance de la «déradicalisation». Si l'usage de la force armée n'est pas précédé, accompagné et conclu par ce processus, le risque d'échec avec résultats contre-productifs est immense. On sait tous qu'une fois que la machine d'une intervention militaire est lancée, il est difficile de l'arrêter.Cherif Dris(Enseignant à l'université d'Alger) : «une intervention rendrait beaucoup plus onéreuxle coût de la sécurisation de la frontière avec la Libye»Une intervention militaire en Libye risque de déboucher sur un enlisement qui pourrait avoir des conséquences sur la sécurité de l'Algérie : vagues de réfugiés et possibilité que des groupes armés profitent de l'occasion pour s'infiltrer sur le territoire algérien. En somme, une intervention rendrait beaucoup plus onéreux le coût de la sécurisation de la frontière avec la Libye. A cela s'ajoutent les motivations de certains pays qui veulent cette intervention militaire et dont les agendas ne sont pas en adéquation avec celui de l'Algérie. Ahmed katebChercheur et universitaire : «Lancer une guerre en Libye reviendrait à ouvrirla boîte de Pandore»L'Algérie refuse le principe d'une intervention atlantiste ou même internationale en Libye pour plusieurs raisons. D'abord, parce que c'est contraire à ses principes (non-ingérence, résolution pacifique des conflits) et ensuite parce que cette intervention risque d'aggraver davantage une situation déjà très complexe sur le terrain. Il y a actuellement une multitude d'acteurs sur le terrain (Daech, Fajr libya, Aqmi, milices touareg, Toubous, troupes pro-Haftar, etc.). Alger est très méfiante par rapport à une éventuelle intervention parce qu'elle va ouvrir encore une fois la boîte de Pandore avec un flux de réfugiés, un probable repli terroriste vers son territoire et une implantation militaire étrangère directe à ses frontières. Enfin, la position algérienne est motivée par le fait que ces interventions peuvent réellement aboutir à une véritable partition de la Libye et à sa «somalisation».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : El Watan
Source : www.elwatan.com