? L'ambassade des Etats-Unis à Alger a «fréquemment encouragé des hauts fonctionnaires des ministères des Affaires étrangères, des Affaires religieuses, de la Justice et de l'Intérieur à promouvoir la tolérance religieuse, et ont évoqué les difficultés rencontrées par les ahmadis, les chrétiens et d'autres minorités religieuses à se constituer en associations, importer du matériel religieux et à obtenir des visas», indique le rapport international sur les libertés religieuses (2018), dans sa partie consacrée à l'Algérie.Le rapport du Département d'Etat US, répertorie plusieurs faits en relation avec l'exercice des libertés religieuses qui se sont déroulés durant l'année dernière. Ainsi, le document rappelle l'inculpation en mai 2018, de «26 musulmans ahmadis à Bejaia» accusés d'avoir : «insulté les préceptes de l'islam», «dirigé une association sans autorisation» et «récolté de l'argent sans autorisation». Dans cette affaire, la justice «a acquitté trois des ahmadis et condamné les autres à trois mois de prison ferme», ajoute le document.
Citant des «dirigeants de la communauté ahmadie», le rapport du Département d'Etat US affirme que «le gouvernement avait mené des enquêtes sur au moins 85 musulmans ahmadis au cours de l'année (2018)». «Les charges incluaient le fonctionnement d'une association religieuse non enregistrée, la collecte de fonds sans autorisation et la tenue de prières dans des lieux non autorisés. La police aurait confisqué des passeports et des diplômes d'études de musulmans ahmadis, et aurait fait pression sur les employeurs pour qu'ils mettent les travailleurs ahmadis en congé administratif», selon le document.
Citant les médias, le rapport ajoute que les autorités algériennes «ont accusé cinq chrétiens de la wilaya de Bouira, dont trois appartenant à la même famille, d'avoir incité un musulman à se convertir et d'avoir célébré un culte religieux dans un lieu non autorisé», précisant que ces personnes ont finalement été acquittées le 25 décembre 2018 par un juge du tribunal de Bouira. Autre affaire citée dans le document, la condamnation, en mars 2018 par le tribunal de Tiaret de «deux frères chrétiens pour le transport de plus de 50 bibles dans leur voiture». «Le procureur a déclaré que les accusés envisageaient d'utiliser ces bibles à des fins de prosélytisme», alors que les deux frères ont affirmé «qu'ils étaient réservés à l'usage de l'église». «Le tribunal les a condamnés chacun à une amende de 100.000 dinars (850 dollars)», précise-t-on. «En mai, un autre tribunal a condamné, pour prosélytisme, un dirigeant d'église et un autre chrétien, à trois mois de prison et à une amende de 100.000 dinars».
Le rapport rappelle également le cas de Slimane Bouhafs, «un chrétien converti», «libéré en avril (2018, ndlr) après avoir passé 18 mois en prison pour avoir publié des déclarations en 2016 sur sa page Facebook, jugées insultantes pour le prophète Mohamed ». «En juillet 2017, les autorités ont commué sa peine dans le cadre d'une amnistie présidentielle. Un tribunal l'avait à l'origine condamné à cinq ans de prison et 100.000 dinars d'amende. Les autorités ont ensuite réduit cette peine à trois ans».
En 2018, les autorités algériennes «ont fermé huit églises et une pépinière associées à l'Eglise protestante d'Algérie (EPA)». Les accusations : «exercer sans autorisation, édition illégale de publications évangéliques et non-respect des codes de sécurité du bâtiment». «Certains groupes chrétiens ont continué de faire face à diverses difficultés administratives en l'absence d'une réponse écrite du gouvernement à leurs demandes de reconnaissance en tant qu'associations. Le gouvernement a continué de réglementer l'importation de tous les livres, y compris les matériaux religieux», note le rapport. Ajoutant que «de hauts responsables gouvernementaux ont continué de s'opposer aux appels à la violence émanant de groupes extrémistes au nom de l'islam» et «ont également continué à critiquer la propagation de ce qu'ils qualifient les influences religieuses «étrangères» telles que le salafisme, le wahhabisme, l'islam chiite et l'islam ahmadi».
Selon le rapport, les chrétiens algériens «résident principalement dans les villes d'Alger, Bejaia, Tizi Ouzou, Annaba et Oran».
Par ailleurs, le document rappelle, citant les médias, «l'assassinat de trois imams au cours de l'année», attribué par le gouvernement «à des extrémistes opposés aux enseignements modérés des imams». Il est également fait état de témoignages de «dirigeants et fidèles chrétiens» évoquant des «abus» à l'encontre de «musulmans convertis ou intéressés au christianisme» par des «membres de leurs familles». Aussi, «les médias ont rapporté que des inconnus avaient saccagé deux cimetières chrétiens, brisant des pierres tombales et saccageant des tombes. Des personnes pratiquant des rites religieux autres que l'islam sunnite ont déclaré avoir été victimes d'intolérance et de menaces, y compris dans les médias».
Le rapport note que le gouvernement américain estime à «plus de 99%» la population musulmane en Algérie «suivant l'école malékite sunnite», sur un total de «41,7 millions d'habitants (estimation de juillet 2018)». Les autres groupes religieux, constituant «moins de 1% de la population» sont des «chrétiens, juifs, musulmans ahmadis, musulmans chiites et une communauté de musulmans ibadites résidant principalement dans la province de Ghardaïa». Quant au nombre de juifs en Algérie, il est estimé à «moins de 200».
Le nombre de chrétiens «se situerait entre 20.000 et 200.000», affirme le rapport citant des «estimations officieuses des chefs religieux». «Selon des représentants du gouvernement algérien, les résidents étrangers constituent la majorité de la population chrétienne», note le document. La communauté chrétienne est constituée de «catholiques romains, d'adventistes du septième jour, de méthodistes, de membres de l'EPA, de luthériens, de réformés, d'anglicans et d'environ 1000 à 1.500 chrétiens coptes égyptiens». Il est également noté la proportion d'étudiants et d'immigrés sans statut légal originaires d'Afrique subsaharienne dont la population chrétienne a également augmenté ces dernières années. Les dirigeants chrétiens disent que les citoyens qui sont chrétiens appartiennent en majorité à des groupes protestants.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M M
Source : www.lequotidien-oran.com