Alger

Raisons du processus inflationniste en Algérie et urgence d'une réorientation de la politique



Raisons du processus inflationniste en Algérie et urgence d'une réorientation de la politique
Deux maux rongent régulièrement le corps de toute société : l'inflation et le chômage. Pour l'Algérie, depuis janvier 2015, la majorité des produits connaissent une hausse vertigineuse ayant un impact sur le pouvoir d'achat des Algériens.La variation annuelle des prix à la consommation, c'est-à-dire la croissance des prix en janvier 2017 par rapport à janvier 2016, a enregistré une hausse de 8,1%, selon l'Office national des statistiques (ONS) cité par l'APS le 25 février 2017. Quant au rythme d'inflation annuel, il s'est établi à 6,7% jusqu'à janvier 2017. Quelles sont les raisons de ce processus inflationniste et ses incidences socio-économiques ' -La troisième raison du processus inflationniste est la dominance de la sphère informelle produit des dysfonctionnements des appareils de l'Etat et le manque de vision stratégique qui bloquent l'émergence d'entreprises productives. Cette sphère informelle en Algérie contrôle 65/70% des segments de produits de première nécessité auxquels plus de 70% des ménages consacrent presque l'intégralité de leurs revenus (marché fruits et légumes, poisson, viande rouge et blanche, textile et cuir) et sans compter les factures de plus en plus élevées de l'eau et de l'électricité qui absorbent une fraction importante du revenu des ménages pauvres et moyens accroissant leur endettement. Parallèlement, elle contrôle 40/50% de la masse monétaire en circulation avec une importante intermédiation financière informelle mais avec des taux d'usure accroissant l'endettement des ménages qui s'adressent à cette sphère. Le constat en Algérie est l'absence d'une véritable concurrence (gel du Conseil national de la concurrence dépendant d'un simple ministre du Commerce alors qu'il devrait être une institution indépendante). Nous assistons à des tendances monopolistiques dans la sphère informelle faisant que les circuits entre le producteur et le consommateur (les grossistes informels) ont tendance à se rallonger, la marge commerciale pouvant représenter 2 à 3 fois le prix de production (surtout dans le domaine agricole), ce qui ne peut que décourager le producteur immédiat et l'orienter vers des activités spéculatives. Ainsi, la politique d'encadrement des prix s'avère d'une efficacité limitée, sinon il faudrait des milliers de contrôleurs qui ne changeraient d'ailleurs pas le problème dans la mesure où le contrôle des prix repose sur le détaillant qui ne fait souvent que répercuter ces surcoûts de distribution. 3.-Quelles perspectives' L'Algérie ne doit pas se berner d'illusion de ses réserves de change qu'elle peut épuiser au bout de 3/4 années en cas d'un cours inférieur à 60 dollars doit faire plus pour diversifier son économie et sortir de sa dépendance vis-à-vis des hydrocarbures. Dès lors, les mesures du ministère des Finances de vouloir intégrer le capital argent de la sphère informelle au sein de la sphère réelle avec le retour de l'inflation ont eu un impact limité pour ne pas dire nul. C'est que pour se prémunir contre l'inflation, et donc la détérioration du dinar algérien, l'Algérien ne place pas seulement ses actifs dans le foncier, l'immobilier ou l'or. Dans la perspective d'une chute des revenus pétroliers, mais achètent les devises sur le marché informel.( voir étude du professeur Abderrahmane Mebtoul « Essence de la sphère informelle au Maghreb et comment l'intégrer à la sphère réelle » Institut Français des Relations Internationales ? IFRI- (Paris- Bruxelles décembre 201360 pages).Aussi, sans une nouvelle gouvernance, la maitrise de la dépense publique, un retour à la croissance supposant une visions stratégique reposant sur les véritables producteurs de richesses qui sont les entreprises publiques ou privées sans distinction, et son fondement l'économie de la connaissance, avec la pression démographique, et avec des recettes de Sonatrach qui avec un cours de 55 dollars ne dépasseront pas 35 milliards de dollars, (auquel il faudrait soustraire 20% des couts), le retour à l'inflation semble inévitable avec des incidences à la fois socio-économiques et politiques. Le cas serait dramatique à un cours inférieur à 50 dollars, le prix d'équilibre retenu par la loi de finances 2017. Cela aura également des incidences négatives tant sur le taux d'intérêt bancaire qui devra être relevé, si l'on veut éviter la faillite des banques. Le risque est le frein à l'investissement productif, une spirale inflationniste, selon le cercle vicieux -revendications sociales, augmentation des salaires sans corrélation avec la productivité, inflation et revendications sociales. Les réserves de change actuelles d'environ 114 milliards de dollars sont une une richesse virtuelle provenant des hydrocarbures qu'il s'agira de transformer en richesses réelles. Par ailleurs, les exportations à un coût/qualité selon les normes internationales seront difficiles pour ne pas dire impossible en raison, de nouvelles filières automobiles au niveau mondial dès 2020 qui connaîtra d'importantes mutations, de la faiblesse des capacités et d'un faible taux d'intégration. Entre temps certains opérateurs, je ne leur en veut pas car tout entrepreneur est mu par la logique du profit maximum à court terme, la responsabilité en incombant à l'Etat de réguler, auront réalisé des profits colossaux pour avoir bénéficié de subventions supportés par le trésor public et qui risquent de fermer. Aussi, sans un discours de vérité, d'une réorientation urgente de la politique socio-économique actuelle, notamment industrielle tenant compte de la quatrième révolution économique mondiale ( voir notre contribution www.algerie1.com) et la mobilisation de la population, autour d'un large front national tenant compte des différentes sensibilités, supposant une grande moralité de ceux qui dirigent la Cité, condition du rétablissement de la confiance, aucun développement de sortie de crise n'est possible. (Suite et fin) Dr Abderrahmane Mebtoul, professeur des universités, expert international
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