«Certaines personnes croient tout savoir ! Cela prouve plutôt qu'elles n'ont pas pu intégrer les mutations en cours. Ce que je peux leur dire, est qu'elles prennent la peine de nous écouter.» Le ministre de l'Agriculture et du Développement rural (MADR) Rachid Benaïssa n'a, néanmoins, pas indiqué de quelles personnes il s'agit ni précisé de quel niveau social elles se revendiquent.
Lyas Hallas - Alger (Le Soir) - M. Benaïssa a présidé, hier, au siège de son département, le lancement d'un atelier d'appui technique qui s'inscrit dans le cadre du partenariat stratégique 2011- 2014 entre le MADR et la Banque mondiale (BM), en appui justement au Programme de renforcement des capacités humaines et d'assistance technique (PRCHAT). Cet appui est assuré par des experts mobilisés par la BM. L'atelier porte sur l'appui technique «à la mise en œuvre de pôles agroalimentaires, au programme de soutien au renouveau rural et au renforcement des statistiques agricoles, de systèmes d'information et de suivi du PRCHAT». Les objectifs de la démarche de la BM, explique le représentant résident de ladite institution de Bretton Woods en Algérie, sont le «renforcement de la croissance par la diversification de l'économie, la promotion d'un développement durable et la réduction des disparités territoriales et le renforcement des institutions de planification économique et de suivi et d'évaluation de décision». Ce sont les objectifs de la politique du renouveau agricole et rural mise en œuvre en février 2009. Le gouvernement veut créer une synergie dans le secteur, fédérant toutes ses composantes, publiques et privées, les agriculteurs, les éleveurs, les industriels, les institutions financières, les chambres d'agriculture, la société civile et l'administration. Les défis sont énormes : «Etablir un cadre structurel et organisationnel adéquat, permettant de dynamiser l'activité agricole sur l'ensemble du territoire national suivant les spécificités de chaque région et réduire graduellement la dépendance agroalimentaire.»
De grands projets ratés à cause du cloisonnement de leurs initiateurs
«Nous avons assez d'expérience faite de réussites, d'échecs, de regrets et d'occasions ratées. Une expérience qui nous a permis de faire le diagnostic nécessaire : le potentiel, les moyens et les contraintes. Cela nous a donné de la visibilité. Et ainsi nous avons lancé un programme de recentrage», rappellera le ministre. Et de souligner : «Nous avons régularisé les problèmes du foncier agricole parce qu'il fallait sécuriser la relation des créateurs de richesse (agriculteurs, éleveurs…) avec la terre. Nous avons facilité l'accès au financement à travers des crédits bonifiés et des procédures simplifiées et, surtout, nous avons donné la parole aux créateurs de richesse par le renouvellement des chambres d'agriculture, l'installation de conseils interprofessionnels nationaux et régionaux pour toutes les filières et aussi l'implication de la société civile dans les zones rurales par la création des cellules d'animation communales.» Le ministre s'est en tout cas félicité du résultat obtenu jusqu'ici : «La dynamique est engagée et nous sommes maintenant dans une phase de consolidation.» Et de conclure : «Je voudrais lancer un message. Nous sommes là dans l'action. Certains ont compris les enjeux très rapidement et ont pris des initiatives. D'autres ont continué à travailler suivant les anciens schémas, dans un cloisonnement total, et nous ont fait perdre de grands projets parce qu'en se réveillant, ils se sont rendus compte qu'ils sont dépassés par les mutations en cours. Nous avons effectivement un grand problème de capacités humaines. Certaines personnes croient tout savoir ! Cela prouve plutôt qu'elles n'ont pas pu intégrer les mutations en cours. Ce que je peux leur dire est qu'elles prennent la peine de nous écouter. Nous n'avons peut-être pas su intéresser les gens et les fédérer autour d'objectifs entre guillemets ‘‘excitants''. La question qu'on se pose est de savoir comment faire, de manière pragmatique, pour mobiliser et fédérer des appuis multiples.» L'information constitue désormais un enjeu capital dans la mise en œuvre de la politique de renouveau agricole et rural.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : L H
Source : www.lesoirdalgerie.com