Alger - A la une

Rachid Belabbes. Artiste peintre : un parcours charpenté aussi par la musique



Rachid Belabbes. Artiste peintre : un parcours charpenté aussi par la musique
Un peu du Clark Gable, un peu du Ankis, c'est le genre qu'ostensiblement, Rachid Belabbes, artiste peintre à temps complet, dégage dans l'allure.
La soixantaine, une contenance droite, une moustache finement tracée, cheveux coiffés soigneusement à l'arrière, sans gomina aidant ; cette «hiba» des acteurs racés et des chioukha du «kheloui», l'artiste la tient de sa prime entrée dans le monde de l'art en général. Sa folle passion, dans son enfance, de la bande dessinée, des Blek le Roc, Raoul et Gaston, le Cavalier Inconnu,'des western, Rio Bravo, Fort Yuma, Bonanza,' la fascination par les arpèges et le flamenco de vieux gitans ayant installé gîte sous les eucalyptus de Raouraou du côté de Bougie Plage durant les années soixante, la resquille dans les mariages animés par les orchestres chaabi de la ville, ou comme appelé communément dans les vieux quartiers de Béjaïa el mendouli , le chant lors du passage chez les scouts, ont façonné un esprit à la fois autant mélomane que dominé par le langage de l'image. En 1968, entre au conservatoire de Cheikh Sadeq el Bejaoui.
Le père rigoureux dans l'éducation ne veut pas de son fils dans le milieu de la musique. Il lui cassera trois guitares dont la dernière lui fut offerte en 1969 comme cadeau d'anniversaire par sa s'ur aînée, coûtant à cette dernière 80 dinars, une somme qui n'est pas rien à l'époque. Mais, le père, rassuré par la notoriété de Cheikh Sadeq et «travaillé» par des amis mélomanes, abdiqua et laissa son fils faire son apprentissage. Rachid jouera dès lors de tous les instruments et assez jeune il «chauffera» à son tour les inconditionnels de la el mendouli en intégrant les orchestres locaux. Mais la grâce paternelle, celle d'un féru de la peinture, injecte chez l'adolescent le virus du crayonnage.
Rachid reproduit alors à temps perdu des personnages de BD, des portraits d'amis et des caricatures. Mais le trait d'union avec l'art pictural est vite affiné, avec la rencontre du plasticien Hamanou Benabderahmane, qui avec beaucoup de disposition lui inculque la maîtrise des couleurs, des nuances, des ombres, les techniques de la face et de la préface, la règles des couches, l'épaississement, le dégradé, les perspectives, ' Rachid travaillera sur la toile, la céramique, la feuille sensible (utilisée dans la photographie). Son travail alterne avec la miniature en relief (papier métallique ou métal repoussé). Son inspiration se laisse gouverner par tous alizés : expressionnisme, abstrait, figuratif tendance mélancolie où les thèmes conjoncturels émergent' Il s'adonne bien que ce soit rare, à la sculpture qui va chercher dans le surréalisme. Entre cette première exposition en 1978 au lycée Ibn Sina et la dernière, il y a peu à Naama, Rachid Belabbes totalise une centaine de manifestations publiques.
Emergent la fresque réalisée à Tunis en 1978 sur un mur de l'avenue Bourguiba et «exportant» un vestige médieval, la Porte Sarrazine de Béjaïa, une 'uvre réalisée en groupe avec d'autres peintres, Ali Tabchouche, Remila, Malek Cherid, Abdelkrim, ' Dans son carnet de bord, à côté de la plupart des villes d'Algerie, figurent des manifestations connues, Rabat, Casablanca, Brest, Toucy, la ville de Pierre Larousse, Auxerre,'En Algérie, pour courronnement de tout ce parcours, il reçut la distinction, remise par le ministère de la culture, en hommage aux grands peintres algéreins.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)