Alger - Revue de Presse

Rabah Saâdane doit revoir sa copie



Point n'est besoin d'être grand clerc pour faire le principal constat à la suite du match Egypte - Algérie. A propos de l'attitude de l'équipe nationale algérienne, c'est l'unanimité: elle s'est trop contentée de défendre, n'effectuant que de rares sorties dans le camp des «Pharaons». Or, et c'est une logique désarmante, pour marquer des buts, il faut attaquer. Samedi, les Algériens ont sans doute trop respecté leurs adversaires, il est vrai mieux organisés sur le terrain. Saïfi aurait pu inscrire deux buts. Faut-il le blâmer pour autant ? Nous ne pensons pas, car il était trop isolé et était pris en tenaille par deux et parfois trois défenseurs égyptiens.

 S'il avait réussi au moins sur l'une de ses tentatives, il serait aujourd'hui un héros. C'est dire la versatilité des fans de l'équipe nationale. Saâdane, en misant sur une organisation défensive à outrance, a spéculé.

 Il a failli réussir dans son entreprise, n'était ce sacré second but - qui aurait dû être refusé pour deux positions hors-jeu des attaquants égyptiens. Avec cinq défenseurs, quatre milieux dans leur camp pour un seul attaquant, l'option était on ne peut plus claire: spéculer sur un ou deux contres pour battre El-Hadary. Si le onze égyptien a monopolisé le ballon, surtout en seconde période, c'est parce que les deux joueurs de couloir Mohamadi et Motaeb étaient libres de leurs mouvements.

 Ce sont eux qui ont constitué les solutions pour Aboutrika et le capitaine Ahmed Hassan. L'axe étant bloqué par les Algériens - en force dans ce secteur - les hommes de Shehata sont souvent passés sur les côtés, comme l'atteste le second but inscrit par Emaed Motaâb, sur centre de Moawad. En principe, il fallait bloquer ces deux joueurs sur les flancs, en demandant, par exemple, à Matmour et à un autre joueur que Belhadj, de gêner leurs évolutions. Belhadj, en effet, a commis trop de fautes dans son placement, dans la relance et dans les contrôles. Un Babouche, un pur défenseur, aurait constitué une meilleure garantie.

 A présent, il y a ce match barrage à Khartoum, lors du tirage au sort, les Egyptiens ont exulté, étant convaincus que la capitale du Soudan leur serait favorable. Certes, la grande humidité serait susceptible de constituer un handicap pour nos représentants, évoluant pour la plupart en Europe, mais il se confirme que les Egyptiens ne sont pas en odeur de sainteté du côté de Khartoum. Ce qui signifie que l'ambiance sera favorable aux coéquipiers de Mansouri qui seront cette fois-ci soutenus par un grand nombre de supporters algériens.

 Un autre paramètre nous autorise à caresser l'espoir d'une qualification. Sur terrain neutre en effet, les Algériens ont toujours pris le meilleur sur les Egyptiens, comme le confirme le bilan entre les deux équipes. Ceci dit, on espère que Saâdane et son staff revoient leur copie, et dans la composition de l'équipe entrante, avec plusieurs attaquants en pointe qui auraient la double mission d'empêcher les montées égyptiennes par les flancs, et également de se donner les moyens de battre El-Hadary. Enfin, en cas de résultat nul, il faut savoir qu'il y aura des prolongations et éventuellement, les tirs au but pour départager les deux équipes.


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