Rabah Boussouar, marié à 22 ans à une polonaise musulmane .
Les mariages pour les papiers, tout le monde connaît. En Europe, c'est une pratique vieille de plusieurs décennies. Aux Etats-Unis aussi, dans la partie sud limitrophe avec le Mexique, c'est également une «industrie» prospère. De nombreux Algériens, motivés par le désir de vivre de l'autre côté de la mer, ont eu recours à ce procédé, le temps de se faire une situation dans leur pays d'accueil et de trouver un travail stable. Il y en a parmi eux pour qui le mariage d'intérêt s'est transformé en mariage d'amour alors que, pour d'autres, le seul amour qui existait était celui des papiers à acquérir. Or, il y a eu des mariages qui ont été conclus et consommés par pur amour, jusqu'à engendrer plus de problèmes qu'il n'en ont résolus. Celui de Rabah Boussouar en est un exemple atypique.
De Katowice à Varsovie pour le visa de son épouse
Lundi, cet Algérien a passé une demi-journée à Varsovie, mais ce n'était pas pour voir des matches de l'Euro-2012. Primo, il n'en a pas les moyens (les billets d'entrée sont trop chers). Secundo, il a un autre projet, plus noble : rentrer en Algérie pour rendre visite à sa famille. C'est d'ailleurs pour cela qu'il a fait un tour à Varsovie. En effet, il a fait un saut à l'ambassade d'Algérie en Pologne afin se faire délivrer un visa pour son épouse polonaise. C'est que Rabah Boussouar tient à se faire accompagner par sa femme et c'est pour ça qu'il est venu par train de la lointaine ville de Katowice pour le fameux document.
«Je l'ai connue sur Internet, il y a huit ans»
Au fait, précision importante : il a... 24 ans. Oui, 24 ans seulement, encore étudiant et déjà marié. En lisant ces lignes, les esprits tordus subodorent certainement que le mariage est arrangé pour acquérir des papiers. Eh bien non ! «J'ai connu mon épouse il y a huit ans, alors qu'elle n'avait que 14 ans. Moi, j'en avais 16.» Bien entendu, ce n'est pas à la Grande-Poste d'Alger ou au marché d'El Harrach qu'il l'a croisée, encore moins à Club-des-Pins. «Je l'ai connue sur Internet, tout simplement, à travers un site de discussions et de tchat. Nous communiquions en anglais. Ce qui m'a attiré vers elle, c'est qu'elle voulait découvrir l'Islam.»
«Un jour, elle m'a annoncé qu'elle avait embrassé l'islam»
L'échange a été assidu et sincère. Surtout, la demoiselle polonaise s'est imprégnée davantage des principes de l'islam, jusqu'à lui faire, il y a quelques années, une surprise : elle lui a annoncé qu'elle avait embrassé cette religion, convaincue qu'elle était celle de la droiture et de la paix intérieure. Cette nouvelle n'a fait que raffermir les liens qui nous unissaient. «Nous nous sommes découverts des points communs naturellement et cela s'est transformé en affinités, puis en amour. Après consultation de mes parents, dont j'ai eu la bénédiction, je lui ai proposé le mariage. Elle m'a répondu par l'affirmative, m'affirmant son honneur et sa fierté d'épouser un musulman.»
«J'ai abandonné mes études à l'ITFC pour la rejoindre»
C'était simple à dire, mais beaucoup plus difficile dans la pratique. En effet, Rabah Boussouar avait 22 ans lorsqu'il a convolé en justes noces. «J'avais 22 ans et j'étais encore étudiant en journalisme à l'ITFC d'Alger. Elle-même était étudiante à Katowice. L'un de nous deux devait se sacrifier pour redémarrer ses études à zéro. C'est moi qui l'ai fait et je l'ai rejoint en Pologne.» A Katowice, il a intégré l'université locale pour suivre un cursus, tout en faisant des boulots. Jeunes et ambitieux, son épouse et lui s'accrochent malgré les difficultés, conscients qu'après quelques années de souffrance, la vie leur sourira encore mieux. «Je l'ai épousée vraiment par conviction et par amour. Si j'avais cherché seulement les papiers, j'aurais cherché une fille d'un grand pays de l'Europe de l'Ouest. Or, j'ai choisi une fille qui ne travaille pas encore, de surcroît d'un pays de l'Est. Il n'y a pas que les papiers dans la vie. Il y a aussi des valeurs.»
«C'est en hidjab qu'elle se rend à ses cours à l'université de Katowice»
En attendant, le couple mène une vie familiale harmonieuse. «Ma femme porte le hidjab depuis plusieurs années et c'est ainsi vêtue qu'elle se rend à ses cours à l'université. De plus, elle tient à m'accompagner chaque année en Algérie pour les vacances car elle tient à bien connaître ma famille et à s'imprégner du mode de vie algérien.» Mme Boussouar est désormais connue des services consulaires de l'ambassade d'Algérie à Varsovie. «Aujourd'hui, je me suis fait délivrer son visa en 20 minutes, pas plus. Il faut dire que les services de l'ambassade respectent beaucoup la communauté algérienne et s'acquittent de leur tâche avec une efficacité et un sens du devoir exemplaires. De plus, comme mon épouse m'a déjà accompagné deux fois en Algérie, ça a facilité la procédure.»
Une photo avec Hafid Derradji en souvenir de son cousin Rafik Boussouar
Avant de quitter Varsovie pour retourner à Katowice, Boussouar a eu le bonheur de croiser l'une de ses idoles : Hafid Derradji, présent en Pologne pour commenter l'Euro-2012 pour le compte d'Al Jazeera Sport. C'est qu'il est dingue de football, comme tout Algérien qui se respecte. «Je suis un lecteur fidèle d'El Heddaf et c'est pour cela que je vous ai reconnu et abordé», nous a-t-il avoué avec timidité. Sa relation avec le football est même familiale. Vous rappelez-vous de Rafik Boussouar, ancien joueur du RC Kouba, passé par plusieurs autres clubs tels le MC Alger, l'ES Sétif et la JS Kabylie ' «Eh bien, c'est mon cousin», affirme Rabah avec le sourire.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : F A S
Source : www.lebuteur.com