Le chef de l'Etat demandait, lors d'un récent Conseil des ministres, d'élaborer une autre approche du service civil. Ce dernier semble avoir encore de beaux jours devant lui. Le SNPSSP qui se bat depuis plus de 20 ans pour la fin de ce qu'il qualifie d'injustice envers les médecins spécialistes est en attente de clarifications.Nawal Imès - Alger (Le Soir) - À l'unanimité, le constat de l'échec du service civil imposé aux médecins spécialistes a été fait. Les concernés n'ont cessé de le dire avant que les décideurs ne reconnaissent que tel qu'il était appliqué, ce mode de fonctionnement avait non seulement montré ses limites mais s'est finalement avéré totalement incapable de régler la problématique récurrente de l'accès aux soins dans les régions du sud du pays et des Hauts-Plateaux. Le chef de l'Etat avait, en avril 2020, annoncé son abrogation.
Abdelmadjid Tebboune, qui, en plein pandémie de Covid-19, s'était réuni avec les membres du Comité de suivi de l'évolution de la propagation de la pandémie, avait alors plaidé pour la mise en place de « mesures incitatives à leur profit pour les inciter à travailler dans les wilayas du Sud ».
Un peu plus d'une année plus tard, la question du service civil a, une fois de plus, été évoquée en Conseil des ministres. Plus question d'abrogation mais de « mise en place d'une approche prenant en compte l'efficacité du service civil en vue de l'encouragement des compétences nationales et de la protection de la santé publique». S'agit-il d'un changement de cap ' D'une période de transition avant de voir ce dispositif totalement disparaître ' Même le syndicat qui est le plus proche de ce dossier et qui se bat pour l'abrogation du service civil depuis une vingtaine d'années dit ne pas connaître les intentions exactes du gouvernement.
Le Dr Mohamed Yousfi, président du Syndicat national des praticiens spécialistes de santé publique (SNPSSP), affirme en effet qu'« une année après les annonces du président de la République, on ne voit rien venir et là, pour finir, on se retrouve avec un communiqué très ambigu ». Et d'ajouter : « Le dernier communiqué du Conseil des ministres ne parle plus d'abrogation ni de mesures incitatives mais de revoir les modalités et l'efficience du service civil, ce qui nous pousse à nous poser des questions et à demander des clarifications .» Et le président du SNPSSP d'ajouter : « Nous prenons acte de la volonté politique et nous sommes conscients que l'abrogation ne peut pas se faire du jour au lendemain. À chaque fois que l'occasion se présente, nous posons la question mais rien ne filtre. Sont-ils en train de préparer quelque chose au niveau du Premier ministère ' On ne voir rien de concret en tout cas .» Il estime, en effet, qu'« avec le gouvernement Bedoui, les choses étaient claires puisque des mesures incitatives avaient été prises pour lesquelles on ne voit rien non plus, malgré les nombreuses fois où on a relancé le ministère de tutelle là-dessus ».
Un dossier qui ne pourra être occulté dans le cadre de la réforme du système de santé à venir et auquel les autorités seront appelées à apporter des clarifications.
N. I.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nawal Imès
Source : www.lesoirdalgerie.com