
Dans la nuit du 30 novembre, des échauffourées ont éclaté à l'intérieur de la résidence universitaire de Vieux Kouba. Le directeur de l'établissement qualifie l'incident de «minime» et incrimine des étudiants «fauteurs de troubles». Les résidents, eux, dénoncent une machination machiavélique pour faire taire toute velléité de revendicationDes résidents de la cité universitaire de Vieux Kouba (Alger) se disent choqués par la tournure qu'a pris leur mouvement de revendication.Ces étudiants, qui jurent n'appartenir à aucune organisation estudiantine, se disent surpris par la violence subie et l'interprétation donnée à leur mouvement.«On n'est pas des terroristes ni des mutins. On a simplement demandé une meilleure prise en charge de nos revendications qui ont trait à la qualité de l'hébergement et de la restauration», assure l'un d'eux.Le 3 décembre dernier, un communiqué signé de la coordination des cinq organisations estudiantines de la résidence universitaire (RU) de Vieux Kouba, accusait les contestataires d'être «mus par des intérêts personnels et des objectifs cachés» et de vouloir «provoquer le chaos et perturber l'ordre général.Ils veulent surfer sur la vague, sur le dos des étudiants et appellent de leur désir un printemps arabe qui a détruit des Etats», y est-il écrit à l'adresse du directeur général des ?uvres universitaires (ONOU).«On nous prend pour des agents politiques. Le communiqué ignore nos revendications et nous accuse de terroristes. D'ailleurs, je tiens à signaler que deux organisations parmi les signataires n'ont pas de pied à terre dans notre résidence. L'AREN et l'UGEA ne sont pas représentées. N'est-ce pas de la manipulation, ça ! N'est-ce pas un faux témoignage '» alerte l'étudiant.Le 28 novembre vers 20h, des résidents de la RU de Vieux Kouba lancent un mouvement de protestation pour dénoncer leurs conditions d'hébergement et de restauration. «On demande l'amélioration de la qualité de la nourriture, la sécurité de la résidence, l'ouverture de l'infirmerie... on ne dispose même pas d'une ambulance.On veut que l'accès ne soit permis qu'aux étudiants», énumèrent les résidents. Des revendications maintes fois soulevées dans cette résidence qui a déjà défrayé la chronique lors de précédents mouvements de protestation, en février 2008 ou en septembre 2010.Le 30 novembre, au troisième soir de rassemblement, le mouvement dégénère. «A 20h30, l'électricité est coupée dans la résidence. Une quarantaine d'individus sortent des blocs et s'abattent sur les résidents avec des armes blanches.C'est la panique générale», raconte Khaled, qui a encaissé plusieurs coups causant une incapacité de travail de 10 jours. «Ils nous ont poursuivi dans les chambres. Ils ont confisqué les vidéos qu'on a faites. Ils semblaient bien préparés et organisés», poursuit-il.Les étudiants contactés assurent que les agresseurs ne sont pas des résidents à la cité. «Ce ne sont même pas des étudiants. Comment ont-ils pu accéder à la résidence alors que le responsable de la sécurité était devant le portail toute la journée ' Il y avait même un fourgon de police à l'entrée.Comment sont-ils entrés et pourquoi l'administration de la RU ne contrôle pas les cartes magnétiques des résidents ' A quoi sert ce document ' Mais surtout, qui a éteint les lumières lors de l'agression», s'interroge l'un d'eux, en assurant que près du tiers des occupants de la résidence ne seraient pas des résidents réguliers ni même des étudiants.Dans leurs griefs, ils accusent ouvertement le directeur de la résidence de vouloir «imposer son diktat» et d'avoir «fomenté toute l'histoire pour passer un message aux étudiants dont la teneur est : il est interdit de revendiquer».Et ce qui étonne le plus nos interlocuteurs est le fait que quatre de leurs camarades «ont été poursuivis par la police. Par peur, on a déposé plainte non pas au commissariat de Kouba mais à celui de Hussein Dey.On nous harcèle alors que les véritables agresseurs sont libres», dénoncent-ils. Aujourd'hui, des résidents de la RU de Vieux Kouba souhaitent adresser leurs doléances aux plus hautes autorités du pays.«On veut qu'on sache ce qui s'est réellement passé. On va organiser un sit-in devant le ministère de l'Enseignement supérieur», avertissent-ils en dénonçant la visite à la résidence du directeur général de l'ONOU, le lendemain des faits : «Il est resté avec le directeur de la cité une vingtaine de minutes.Il n'a pas daigné écouter les résidents.», Nous avons tenté de contacter le directeur général de l'ONOU, hier, pour avoir sa version des faits, sans succès.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samir Azzoug
Source : www.elwatan.com