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Quelles conditions pour la réconciliation entre les deux ' Les Algériens boudent la politique



Quelles conditions pour la réconciliation entre les deux '                                    Les Algériens boudent la politique
Photo : S Zoheir
Par Faouzia Ababsa
Les Algériens ont-ils des attentes politiques, eux qui ont divorcé avec cette chose à laquelle ils n'y croient plus ' Le taux de participation aux dernières élections et la fraude qui les a émaillées (en témoignent le recomptage des voix et les décisions du Conseil constitutionnel) suffisent pour répondre par la négative. La poussée de partis politiques comme des champignons et la distribution à tout-va des agréments ne viennent pas, loin s'en faut, insuffler une dynamique politique. Mais plutôt encourager la confusion et accentuer la décomposition politique. Il est vrai aussi que l'écrasante majorité de la classe politique ne se trouve pas au pouvoir et ne gère pas les affaires du pays, pas plus qu'elle ne prend des décisions qui engagent l'avenir de l'Algérie. A tout le moins, la mission de défendre les revendications de la population devrait échoir aux parlementaires, si tant est qu'ils s'engagent à user de leurs prérogatives et à ne pas laisser l'exécutif prendre le dessus sur l'instance législative. Même s'ils n'arrivent pas à résoudre le problème, les dispositions de contrôle que leur confère la loi leur permettent d'harceler à chaque fois les représentants du gouvernement. Parce que le pays ne peut pas se permettre le luxe de vivre au rythme de la contestation et des émeutes, devenues désormais les seuls moyens de recours et d'expression pour voir les problèmes pris en charge. Les élus de la Nation, tout comme les futurs représentants des APC, ont également pour dure mission, s'ils acceptent de la mener avec sérieux, de faire en sorte de lutter contre le clientélisme, la corruption et la prédation, pour peu qu'ils aient eux-mêmes les mains propres. Qu'ils laissent de côté leurs intérêts étroits pour se consacrer à ce pour quoi ils se trouvent locataires soit des APC, soit des deux bâtisses de Zighoud Youcef. La révision de la Constitution est loin de constituer aujourd'hui une priorité pour les Algériens. Ils peuvent se suffire de celle qui existe déjà, pour peu qu'elle soit rigoureusement appliquée. Ce dont ils ont besoin présentement c'est qu'on leur fournisse les conditions pour une vie décente. Un travail permanent, l'amélioration du pouvoir d'achat, le droit à l'accès aux soins pour tous, le droit au logement, l'égalité en droits et devoirs devant la loi, le développement économique du pays etc.,demeurent les attentes les plus pressantes de la population. C'est à ces conditions, et seulement à ces conditions, conjuguées à la lutte contre la corruption, la dilapidation des deniers publics et le trafic d'influence que les citoyens pourraient éventuellement se réconcilier avec la chose politique et s'y intéresser de nouveau, y compris en rejoignant les partis sur la base du programme qu'ils auront choisi.
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