Alger - A la une

Quelle suite après le dégel '



Alors que le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, a déroulé les "souhaits" de "renouer la confiance" entre Paris et Alger, c'est le silence radio côté algérien qui entretient le mystère sur la manière d'un retour à la normale.La visite-surprise effectuée mercredi dernier par le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves le Drian, à Alger, a permis d'entrevoir une éclaircie dans les relations entre les deux pays, qui peuvent désormais rouvrir les dossiers en suspens. À sa sortie, mercredi, du palais présidentiel d'El-Mouradia où il venait d'être reçu par Abdelmadjid Tebboune, Jean-Yves Le Drian a évoqué la volonté de "renouer une relation de confiance entre nos deux pays". Mais il sait que cette première étape n'est qu'un prélude à "un processus" qui risque d'être "très long", comme le prédisent des conseillers du chef de la diplomatie française qui ont livré des confidences à des médias parisiens. Car, si la virée algéroise du ministre français a permis de dissiper en partie le nuage qui s'est accumulé dans le ciel des relations bilatérales entre les deux pays, le déblocage de tous les dossiers épineux ne se fera pas du jour au lendemain. Des dossiers que les Français veulent débloquer tout de suite, celui d'obtenir de nouveau pour leurs avions militaires l'autorisation de survoler l'espace aérien algérien occupe une place importante. Cela fait, en effet, plus de deux mois qu'en dehors des évacuations humanitaires, les aéronefs militaires français sont obligés de faire de longs détours par le Maroc pour aller au Mali. Une situation qui pèse lourd sur le budget des armées françaises et qui leur fait perdre du temps. Le pari de pouvoir survoler de nouveau l'espace aérien algérien ne semble pas gagné, puisque les Algériens n'auraient donné aucune échéance précise quant à la reprise des vols.
Mais la décision algérienne n'est pas irrévocable, de l'aveu d'Abdelmadjid Tebboune en personne. "Rien n'est irrévocable en diplomatie", avait-il déclaré à des journalistes en octobre dernier. Puis, il a affirmé, fin novembre, que "nous sommes d'accord pour qu'on traite l'un avec l'autre pour ne pas nuire aux intérêts de chaque partie, mais nous n'accepterons pas qu'on nous impose quoi que ce soit". Toujours dans les dossiers diplomatiques, la visite de Le Drian à Alger permettra de relancer la coopération entre les deux pays dans le cadre de la gestion des crises régionales. "Avec un partenaire aussi essentiel que l'Algérie, on ne peut pas se permettre longtemps d'être dans une situation dégradée", a, en effet, confié l'entourage du ministre français au journal Le Monde qui révèle qu'avant de se rencontrer "longuement" en "tête-à-tête" à Alger, Le Drian et Ramtane Lamamra s'étaient déjà rencontrés à Kigali (Rwanda), puis lors du récent sommet sur la Libye tenu le mois dernier à Paris. Là aussi, les Français souhaiteraient plus "d'implication politique" de l'Algérie dans l'application notamment des Accords d'Alger. Les Français auraient également exprimé leur agacement face à la présence russe au Mali. Une question sur laquelle il y aurait "convergence" entre Paris et Alger, à en croire ces sources diplomatiques.
En plus de ces dossiers régionaux, les deux pays doivent gérer l'épineux problème de la circulation des personnes. Sous prétexte que les autorités algériennes ont refusé de reprendre leurs ressortissants en situation irrégulière par la France, Paris a décidé de réduire de moitié le nombre de visas accordés aux Algériens. Sur le sujet, Jean-Yves Le Drian s'est contenté d'évoquer, mercredi, la "reprise d'un dialogue opérationnel sur les questions humaines et migratoires". Mais il n'y aucune annonce concrète sur le sujet. Côté algérien, c'est silence radio ! Qui ne dit mot consent '

Ali Boukhlef
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