Alger - A la une

Quelle solution pour les entreprises en difficulté '



Depuis la chute du président Bouteflika, de nombreux hommes d'affaires, qui se sont nourris de la commande publique, se retrouvent devant la justice. Au-delà du coût social qu'elles pourraient engendrer et qui se matérialiserait par des mises en faillite et des mises au chômage massives, ces affaires sont un boulet que traîne le gouvernement dans la mesure où certains de ces groupes se nourrissaient essentiellement de la commande publique. Avec des comptes bloqués et une activité quasiment à l'arrêt, ces groupes éprouvent toutes les difficultés du monde à honorer leurs engagements vis-à-vis des pouvoirs publics. À assurer même les salaires des employés. Le cas le plus édifiant est celui du groupe ETRHB qui s'est vu, depuis plusieurs années, octroyer plusieurs projets structurants. De nombreux projets autant dans les travaux publics que dans l'hydraulique. Pour ne citer que les plus importants, on évoquera le projet de renforcement de la piste principale et ses annexes de l'aérodrome d'Alger, la réalisation du stade de Tizi Ouzou, les différents projets routiers dans différentes wilayas et les projets de transfert d'eau à l'instar de celui de Tipasa depuis le barrage de Kif Eddir.Tous ces projets sont à l'arrêt en raison du gel des comptes bancaires du groupe. La situation est tellement dramatique que l'ETRHB peine même à honorer la facture de carburant pour ses camions. Devant les difficultés financières dont souffre le groupe, il paraît de plus en plus improbable d'achever les travaux qui lui ont été octroyés. Le cas de l'ETRHB n'est pas un cas isolé. En effet, la situation d'un autre groupe va poser un grand problème aux pouvoirs publics.
À l'approche de la rentrée sociale, le groupe Tahkout, spécialisé dans le transport, risque de manquer le rendez-vous. Au titre de son contrat avec les œuvres universitaires, la filiale transport du groupe Tahkout a transporté, jusqu'au 31 juillet dernier, 1,2 million d'étudiants par jour. Cette filiale transport du groupe Tahkout, ce sont aussi 300 bus pour le transport suburbain de voyageurs au niveau d'Alger et de 100 bus de transport urbain et suburbain dans la wilaya d'Oran. Ce sont autant de moyens de transport qui manqueront dès début septembre et risqueront de compliquer la rentrée sociale. Ces moyens de transport manqueront parce qu'avec le gel des comptes, la filiale transport du groupe n'arrive plus à financer l'activité.
Outre les travailleurs qui ne sont pas payés depuis deux mois, la filiale n'arrive plus à assurer le paiement de ses polices d'assurance, des charges fiscales et parafiscales de la Cnas. Elle peine, même, à prendre en charge l'entretien et l'alimentation des bus en carburant. La situation que vivent ces entreprises interpelle le gouvernement auquel incombe la mission de trouver des solutions. Certes, en juin dernier, lors d'un Conseil interministériel, le Premier ministre Noureddine Bedoui avait promis de prendre les mesures nécessaires pour la sauvegarde des postes d'emploi et de l'outil de production, et en particulier pour les entreprises dont les patrons sont en prison.
Il avait même été décidé la mise en place d'un organe gouvernemental qui sera chargé du suivi et de la proposition de mesures pratiques pour la préservation de ces entreprises et de leurs postes d'emploi. Mais trois mois après, la situation n'a pas évolué d'un iota. L'option de la désignation d'administrateurs pour assurer la continuité de gestion de ces entreprises a été évoquée, mais là aussi, rien n'a été fait ou annoncé.
Saïd Smati
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