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Quelle inélégance, m'dame



Quelle inélégance, m'dame
Encore une fois, l'incompréhension et l'absence de dialogue ont mené une dame et un barbu au tribunal...Karima est une jeune dame qui a comparu au tribunal correctionnel de Bir Mourad Raïs (cour d'Alger) avec une double casquette: d'une part, victime d'insultes et de destruction de biens d'autrui, puis sitôt que son adversaire Oussama L. un jeune barbu a perdu sa «sounna» en détention, car aux «Quatre Ha» ou en prison, d'une manière générale, la barbe est quasi interdite, question d'hygiène, nous souffle-t-on côté maton. D'autre part, ce barbu qui portait une djellaba blanche avait osé, selon la victime Karima, tenter de la doubler sur un chemin où un chantier empêchait la double file de se former. Evidemment, dans ce cas d'espèce, lorsqu'un automobiliste est pressé, bonjour les dégâts. Et lorsqu'il y en a deux, salut la justice et les poursuites ponctuées par des «renforts solides sonnants et trébuchants pour le Trésor public». Les faits prendront forme juste après deux ultrarapides réflexions nommées insultes. Karima maudit les parents de Saïd qui la traite sans prendre le temps d'évaluer la gravité du mot de: debba (animal). C'est l'incident. Ici, il est bon de rappeler que l'article 407 du Code pénal (loi n°82-04 du 13 février 1982) dispose que:
«Quiconque, volontairement, détruit ou dégrade par tout autre moyen, en tout ou en partie, l'un des biens visés par l'article 396 appartenant à autrui, est puni d'un emprisonnement de deux à cinq ans et d'une amende de 500 à 5000 DA sans préjudice de l'application des dispositions des articles 395 à 404 s'il échoit.
La tentative du délit au présent article est punie comme le délit lui-même.» Et avant la destruction du bien d'autrui i-e, les violents coups de pied donnés à une portière de l'auto, le chapelet d'insultes, sera l'huile sur les braises.
Entre-temps et c'est devenu une «discipline sportive nationale», des groupes de curieux formeront le noyau d'où sortiront les témoins. Des témoins dont on entendra les propos relus par Inès Kouhil Boughaba, la présidente et qu'on ne verra jamais à la barre, ne seront point de grande utilité vu que lors de leurs témoignages devant la police, n'ont pas tellement «vu»...ni «entendu» sauf les rumeurs colportées ça et là par des passants curieux grossissant des faits auxquels ils n'ont pas assisté. N'empêche que la magistrate n'a pas voulu aller au fond car elle a compris que la colère a encore une fois été mauvaise conseillère. Elle dit entre les dents sous son air éternellement jovial et sympathique: «Qu'est devenue notre aimable société' Où va-t-elle donc à ce rythme' Deux citoyens qui se croisent et commettent une infraction, en arrivent aux délits. Il y a aussi et surtout ces histoires de chantiers qui n'en finissent pas et surtout l'absence d'infos permettant aux automobilistes d'éviter les embûches, les retards et surtout les accrochages de tous genres.»
Ayant achevé le monologue qui venait de faire de la juge-mère de famille, épouse adulée, un...imam, un vendredi 13 heures haranguant les fidèles à faire preuve d'une conduite beaucoup plus proche de celle des fidèles que des sauvages en liberté dans une vaste contrée.
Le jeune barbu avait baissé la tête alors que l'inculpée, elle, dansait sur un seul pied. Elle donnait même l'impression de vouloir ajouter quelques appréciations personnelles et empoisonnées mais la présidente veillait au grain. Elle invite l'inculpée à prononcer le traditionnel dernier mot avant de lui infliger une peine d'emprisonnement assortie du sursis appuyée d'une grosse amende et des dommages et intérêts versés à la victime qui s'est longtemps plainte des dégâts causés au véhicule qui, somme toute, n'y était pour rien dans cette triste et regrettable histoire survenue sur une route nationale. Tout ça pour dénoncer l'absence de sang-froid, de dialogue, de compréhension et surtout d'élégance émanant normalement de toutes les parties. Mourad Hellal le procureur, lui, pour une fois, n'a pas tellement voulu se mêler des affaires du tribunal en gardant un silence éloquent.
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