Le dimanche 9 février 2009, un fou conduisant le camion de la mort percute la petite Citroën «Saxo» de Nabil.
D'une violence inouïe, l'homicide involontaire tue sur-le-champ le petit Akram, de retour d'un énième voyage à Alger pour un implant cochléaire qu'il ne portera jamais. La triste nouvelle de l'accident qui s'est produit sur la RN5 (un mouroir) à quelques encablures de Bordj Bou Arréridj, frappe aux portes de Sétif à 18 heures. Les amis et proches de cet atypique échotier sont bouleversés. Luttant contre la mort, à armes inégales, Nabil qui n'est pas du genre à abdiquer aussi facilement rend l'âme à l'hôpital de la capitale des Bibans aux environs de 20 heures.
La triste nouvelle terrasse sa première famille et celle d'El Watan, la deuxième. Le souvenir de l'homme et du confrère honnissant la compromission, est impérissable. Le temps n'a ni érodé ni formaté une mémoire ne pouvant mettre en veilleuse aussi facilement les qualités d'un grand altruiste, passionné d'art et de culture. Même si on a raté le rendez- vous annuel du 9 février, il nous est impossible d'oublier un être aussi attachant et un confrère qui personnifiait mieux que quiconque le journalisme de proximité.
L'image de Nabil ayant pris à bras-le-corps le quotidien de ses concitoyens «dépourvus d'épaules», illumine les coins et recoins de nos bureaux.
Oublier le correspondant ne pouvant passer sous silence les souffrances des cancéreux qui attendent, encore et toujours, l'ouverture du CAC, le supplice des mal-entendants en quête d'un utopique implant cochléaire et les éternels désagréments des piétons et automobilistes ne voyant toujours pas la couleur des nouveaux feux tricolores (l'autre projet du siècle de la municipalité de Sétif), est une mission impossible.
L'irremplaçable Nabil manque cruellement aux petits citoyens malmenés à la banque, la poste, la CNAS, la Sonelgaz et à l'hôpital où le client et le malade sont des mendiants. L'ami des enfants, notamment les handicapés, des usagers de la route, de l'environnement et de la culture, fait défaut à tout ce beau monde. En somme, et pour paraphraser le grand Gilbert Bécaud, «Quelle est lourde à porter l'absence de l'ami».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Kamel Beniaiche
Source : www.elwatan.com