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Quelle approche économique pour l'Algérie ' Détérioration des marchés pétroliers et gestion des dépenses publiques



Quelle approche économique pour l'Algérie '                                    Détérioration des marchés pétroliers et gestion des dépenses publiques
Photo :Riads
Par Youcef Salami
Le président du Conseil national économique et social, Mohamed Seghir Babès, parlait, il y a quelques jours d'actualité économique, mettant en garde contre les conséquences «désastreuses» d'une détérioration des prix du pétrole, un point de vue peu commenté par les médias, passé inaperçu ou presque. Le gouverneur de la Banque d'Algérie avait évoqué lui également la question. Il avait estimé qu'à 110 dollars le baril, l'équilibre budgétaire de l'Etat pourrait âtre affecté. Son intervention, la plupart des journaux en ont fait leur Une. Le ministre des Finances, Karim Djoudi, intervenant dans une mission de radio, rassurait lui qu'il n'y a pas risque qui pèse sur le budget de l'Etat. Il ajoutait que le programme d'investissement annoncé ne sera pas modifié. Sur le même sujet, le Pdg de Sonatrach, Adelhamid Zerguine, dans une conférence de presse largement suivie par la presse nationale et internationale, avait souligné que les cours actuels du pétrole n'auront pas d'impacts sur les investissements au programme de la compagnie dont il est responsable. Tout est-il-dit ' On en saura peut-être davantage sur l'approche à adopter pour mettre de l'équilibre dans les dépenses publiques, à l'occasion des auditions que le chef de l'Etat va consacrer aux membres du gouvernement et qui commenceront la semaine prochaine. Le ministre des Finances est très attendu sur ce dossier là. Y aura-t-il nouvelle orientation en matière de gestion des dépenses publiques ' Les salaires dans la Fonction publique seront-ils discutés ' L'ordre des priorités en termes d'investissement sera-t-il revu ' Y aura-il un plan de rigueur ' Autant de questions qui seront peut-être mises sur le tapis à la faveur de ces auditions. Suite en page 10
Le ministre des Finances aura peut-être à défendre une approche prudentielle dans le volet dépenses. Il va plaider pour une réduction des dépenses publiques, une approche que va certainement beaucoup apprécier le Fonds monétaire international ( FMI), une institution qui travaille énormément, en ces temps de crise, à une série de plans de rigueur qu'elle proposera à des pays fragilisés par la crise financière internationale. Le FMI, exagérément regardant sur les dépenses publiques n'a pas apprécié les dernières revalorisations salariales décidées par le gouvernement, ces deux dernières années, estimant que pareilles augmentations vont provoquer une spirale inflationniste dans un pays à l'équilibre budgétaire fragile. Les gains salariaux dans la Fonction publique ont atteint des niveaux jamais égalés. A la limite du supportable ' Karim Djoudi a eu cette déclaration à ce sujet : «Il faut qu'il y ait aujourd'hui une prise de conscience sur le fait que nous avons besoin d'une approche beaucoup plus prudente en matière de dépenses notamment celles de fonctionnement et surtout celles relatives aux salaires de la Fonction publique où nous avons atteint le plafond.» Il a ajouté qu'«étant donné l'évolution de la situation économique du pays, nous serons obligés de toucher au niveau de nos dépenses». Et, que dit le ministre des Finances à propos des investissements ' La révision des dépenses devrait concerner en principe les nouveaux projets. «Pour les nouveaux projets, nous étudierons la priorité de ces projets et selon nos capacités de financement», a-t-il déclaré récemment. Le gouvernement aura toutefois de la marge sur le court terme ; il pourrait toujours puiser dans le Fonds de régulation des recettes, pour faire face au déficit budgétaire qu'aura à produire la baisse des cours de l'or noir. Il pourrait le faire à volonté ' Indéfiniment ' Selon un expert de la Banque d'Algérie, ce fonds pourrait tenir une dizaine d'années, dans une situation de déficit dans le pays. Et, pendant que l'on parle de diminution des revenus pétroliers, conséquence de la détérioration des marchés pétroliers, les importations, elles, sont en train de prendre du volume et dans des proportions inquiétantes, c'est plutôt cette tendance à la hausse, dont le gouvernement n'arrive pas à juguler l'ampleur, qui demeure problématique. Les différentes mesures prises ces dernières années, pour les faire baisser, n'y ont rien changé.
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