
Ils sont entre 11 000 à 13 000 africains à travailler en noir en Algérie, selon un rapport de la Ligue algérienne des droits de l'homme.Cette dernière tire la sonnette d'alarme dénonçant les conditions désastreuses dans lesquelles travaillent les africains résidant de manière illégale en Algérie. Ils sont exploités par les patrons, entrepreneurs et propriétaires de fermes et exploitations agricoles. «La Ligue suit avec attention l'exploitation que subissent les ressortissant africains de la part de patrons, chefs d'entreprises et grands fermiers.Les employeurs font fi de la législation du travail en vigueur dans notre pays, à savoir, en premier lieu, la loi 11/90 relative aux relations de travail, et particulièrement ses articles 05 et 06 qui énoncent les droits et devoirs des travailleurs», relève la Ligue dans son rapport. «Nous mettons en garde contre l'exploitation de la situation humanitaire de ces immigrés clandestins, ce qui correspond à une forme de nouvel esclavagisme, que les employeurs tentent de justifier par le défaut de déclaration sociale.Ces travailleurs gagnent un salaire inférieur à la moitié du salaire minimum perçu par le travailleur algérien », a-t-on souligné dans le même rapport. En outre, ces travailleurs dans cette situation affligeante, dès qu'ils expriment leur mécontentement, ils subissent un chantage de la part de leurs employeurs qui les menacent de les déclarer aux services de la sécurité sociale, relève la Ligue dans son document. Ces dernières années, notamment après le déclenchement de la guerre au Mali et au Niger, ils sont des milliers de migrants clandestins à avoir fui la situation de leur pays pour se réfugier en Algérie.Ces milliers ont laissé derrière eux, guerre, famine, et pauvreté, espérant trouver une situation bien meilleure pour voir vivre et travailler dignement. Dans un reportage de la chaîne privée EL Chourouk, on voit les réfugiés africains, du Niger, Mali, et tous les pays du Sahel, vivant en Algérie d'une manière illégale et travaillant dans des chantiers de bâtiment, et en noir. Les images montrent aussi les lieux où vivent ces personnes, en pleine rue, avec le strict minimum pour survivre. Pourtant, le gouvernement algérien avait tout fait pour instaurer, confort et sécurité dans la vie de ces derniers.Des camps de réfugiés ont été mis à leurs dispositions où toutes les commodités nécessaires sont réunies. La présidente du Croissant-Rouge algérien, Saïda Benhabylès, au sujet des migrants africains qui se trouvent dans la rue malgré l'existence de ces camps, dit que ces personnes sont sorties dans la rue par leur propre volonté, «ils ne sont pas obligés de travailler, ils ont toute les commodités pour vivre», rassure-t-elle. Mohamed, un jeune entrepreneur à Alger nous dit ignorer tout à fait l'existence de cette sorte d'esclavage des réfugiés africains sur les chantiers des bâtiments algérois.«Je sais que y'en a qui travaillent un peu partout, mais je sais aussi qu'ils reçoivent leurs salaires et travaillent des conditions dignes d'un être humain. Je n'ai jamais entendu parler ou été témoin de ce genre de maltraitance envers eux». Cependant, la question qui se pose, où sont ces réfugiés dont parlent les médias et le rapport de LADDH ' On en voit rarement dans la rue. Déjà, en fin 2015, une grande opération de rapatriement des ressortissants nigériens a été faite par le gouvernement suite à la demande des autorités nigériennes.La présidente du Croissant- Rouge algérien (CRA), cette dernière qui s'est occupée de l'opération, a assuré que cette démarche n'est pas du tout une forme d'expulsion. «Cette opération est intervenue à la demande des autorités nigériennes après avoir découvert l'existence de groupes criminels qui les (ressortissants) exploitent dans des actions criminelles diverses, d'où la demande de leur rapatriement», a-t-elle assuré. Saïda Benhabylès a ajouté que les autorités algériennes ont pris en charge le rapatriement de ces ressortissants, en leur assurant le transport vers le centre d'accueil de Tamanrasset, accompagnés de médecins, psychologues et bénévoles du CRA. Nadia, algéroise, âge de 28 ans nous a témoigné, «c'est vrai que je vois les réfugiés africains de moins en moins dans les ruelles d'Alger, mais depuis qu'ils sont ici, je n'ai jamais vu une sorte de maltraitance envers eux ». Cependant les témoignages se diffèrent, entre celui de Nadia et celui de Samir, les avis ne sont pas les mêmes.Le dernier est un fonctionnaire à Alger, faisant la navette tous les jours, il dit remarquer par ses propres yeux, une maltraitance morale vers les réfugiés africains, allant jusqu'à la violence physique parfois. Samir confirme, « les Algériens sont racistes, je ne veux pas généraliser, mais je fais un constat de mes propres yeux, ce que je vois quotidiennement dans la rue ». Notre témoin a donné pour exemple l'histoire de Marie Simone, la Camerounaise qui s'est fait violée par un groupe de jeunes à Oran, en octobre 2015.« Simone n'est qu'un cas parmi tant d'autres, ce ne sont pas des centaines qui se font violées mais plusieurs qui subissent la maltraitance morale par le racisme des algériens qui peut-être parfois plus dur que la violence physique », a-t-il ajouté. Pour rappel, la jeune victime âgée de la trentaine a été violée par un groupe de délinquants à Oran. Néamoins, les autorités algériennes ne sont pas restées muettes face à ce drame, on a vu une Chef de police qui a renvu visite à la jeune femme, en même temps si la dame a été prise en charge après cet incident terrible ou pas ' Ici reste l'interrogation du sort des ressortissants africains en Algérie.Au milieu de ces faits navrants, un témoignage touchant de Kamal, un jeune étudiant, qui nous a marqué, « j'étais dans le train, une famille africaine est rentrée accompagnée d'un bébé et un enfant âgé d'environ 5 ans. Un jeune était debout entrain d'écouter la musique, le petit était assis par terre devant lui, là le jeune s'assoit à son tour et donne au petit le kit-main pour qu'il écoute la musique avec lui. Quelques minutes après, il lui a donné de la monnaie. Tout au long du trajet, une entente qui commence à s'installer entre les deux, ce moment est resté gravé dans ma mémoire », nous raconta le jeune Kamal avec une voix pleine d'émotion.Ce témoignage marquant nous a conduit vers une autre personne, l'ami de Kamal, un volontaire dans une association de bienfaisance, qui a raconté que son groupe prépare des repas chaud pour les démunis parmis eux des réfugiés africains.«C'est cela le racisme ' », s'est demandé Reda, notre interlocuteur. «Je suis au courant qu'il y'a de nombreuses associations qui font les mêmes opérations que nous pour les réfugiés africains, un peu partout dans le pays ». Des repas chauds, des couvertures et des vêtements sont servis aux ressortissants africains afin d'apaiser leur souffrance, un geste noble de la part des citoyens. « Pendant la décennie noire, nous avons vécu dans l'insécurite, la souffrance de la perte des êtres chers, nous compatissons totalement avec le sort de ces personnes qui fuient la guerre pour trouver un climat stable et sécurisé », a témoigné, Houriya, une jeune maman.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zahra Kefane
Source : www.lnr-dz.com