Six ans plus tard, même si des voix appellent à une révision de quelques clauses de l'accord, les observateurs relèvent quelques avancées dans sa mise en ?uvre.Comme en 1990, l'Algérie, qui continuait de bénéficier de la confiance des deux parties, a déployé en 2015 tous ses efforts pour ramener les autorités de Bamako et les groupes terguis rebelles du Nord à signer enfin un accord de paix et de réconciliation au Mali, qualifié d'équilibré et de solution au conflit. Placé sous l'égide de l'ONU, la mise en ?uvre de cet accord butera cependant sur l'intransigeance des deux camps, particulièrement les autorités de Bamako, sous la pression de la majorité des partis politiques hostiles aux "concessions" faites par le pouvoir aux rebelles.
Mais pendant ce temps, les groupes terroristes qui se sont installés à la place des groupes armés ont entrepris de saper cet accord en installant la terreur sur une grande partie du territoire malien. Territoire qui était déjà hors de contrôle des institutions. Et c'est cette fracture entre le nord et le sud du pays, que cet accord, arraché après de longues négociations, est censé "soigner" pour rétablir un rapport de confiance entre les deux camps.
Deux camps qui ont continué, par intermittence, à s'accuser mutuellement des blocages du processus. Les lenteurs dans la mise en ?uvre de l'accord vont s'accentuer, malgré les v?ux des deux parties, sous l'effet de l'activisme des groupes terroristes auquel ni la Minusma (la force de stabilisation de l'ONU pour le Mali) ni les forces françaises de l'opération Barkane n'ont pu mettre fin.
Et alors que le Mali attend un effort supplémentaire de la communauté internationale pour rétablir la stabilité et l'autorité de l'Etat sur tout le pays, Bamako se retrouve encore une fois coincée entre le marteau des pressions de puissances étrangères et l'enclume des mouvements terroristes qui écument désormais toute la sous-région sahélienne. Six ans plus tard, même si des voix appellent à une révision de quelques clauses de l'accord, les observateurs relèvent quelques avancées dans sa mise en ?uvre. En premier lieu, l'on relève que les groupes militaro-politiques terguis n'ont plus repris les armes depuis la conclusion de l'accord, ce qui très significatif de leur respect de ses dispositions, même si certains membres de la CMA (Coordination de groupes de Touaregs) rappellent qu'aux plans social et économique, Bamako n'a toujours rien concédé. Aura-t-il fallu attendre deux coups d'Etat plus tard, qui significativement prolongent la durée de l'instabilité "chronique" du Mali, pour qu'incidemment revienne au-devant de la scène et parmi les priorités la mise en ?uvre de l'accord d'Alger '
En effet, dès sa prise de pouvoir, le colonel Assimi Goïta offre comme gage pour la communauté internationale et l'opinion interne l'organisation d'élections dans les délais pour redonner le pouvoir aux civils et la mise en ?uvre de l'Accord d'Alger. C'est un engagement !
Djilali B.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djilali BENYOUB
Source : www.liberte-algerie.com