"Le tweet de Manuel Valls n'affectera pas les relations algéro-françaises." Au lendemain de la tenue du congrès de son parti, le RND, il y a une semaine, le chef de cabinet de la présidence de la République, Ahmed Ouyahia, a tenté de minimiser la poussée de fièvre née du tweet du Premier ministre français à son retour d'une visite en Algérie, montrant un président affaibli. Même si le geste du responsable français était "d'une extrême indélicatesse", selon sa propre prose, Ahmed Ouyahia, rompu à la diplomatie, a estimé que les relations entre Alger et Paris sont "chargées par le poids du passé". Mais avant lui, ils étaient nombreux, les partis et autres organisations satellites du pouvoir, à dénoncer une cabale de "noircissement des institutions de l'Etat". L'UGTA d'Abdelmadjid Sidi-Saïd et le FCE d'Ali Haddad avaient dénoncé conjointement des "manipulations diffamatoires délibérément dirigées contre l'institution présidentielle".Mais ces cris d'orfraie que d'aucuns ont décryptés comme beaucoup plus destinés à une consommation intérieure, n'ont pas provoqué de rupture, ni de froid entre les deux capitales, d'autant que le Premier ministre français a tenu à appeler son homologue algérien probablement pour exprimer ses regrets sur les proportions prises par le tweet. Il reste maintenant à savoir si les nouvelles confidences de l'ex-président du Conseil constitutionnel ne sont pas de nature à provoquer une tempête. "Bouteflika est-il encore en capacité de diriger l'Algérie ' C'est la question que je me pose tout au long de cette soirée", affirme Jean- Louis Debré, en évoquant sa rencontre avec le président Bouteflika en décembre dernier. "En le maintenant à la tête du pays, ne cherchent-ils pas à différer une guerre de succession qui achèverait de fragiliser une Algérie déjà promise, avec l'effondrement des prix du pétrole, à de grandes difficultés économiques et sociales ' Un pays où la montée de l'islamisme radical est manifeste", s'interroge-t-il. Des interrogations qui recoupent exactement celles du groupe des "19-4" qui, en vain, a demandé une audience au président de la République. S'il faut sans doute se garder de tirer des conclusions hâtives, il faut, cependant, s'attendre à une levée de boucliers de la part des "gardiens du temple et de leurs relais", d'autant que ces révélations interviennent dans un contexte marqué par une minipolémique autour de prétendues déclarations de l'ambassadeur de France en Algérie sur le quota de visas accordés à la population de Kabylie. Du pain bénit pour un pouvoir pour brandir de nouveau "la main de l'étranger" et de "l'ingérence", un argument de nature à lui permettre de faire diversion dans ces moments d'incertitudes politiques et de difficultés économiques. Reste qu'il est peu probable que la relation en pâtisse : jamais les sociétés françaises n'ont eu leur part de marché en Algérie, comme ces dernières années. Une présence que certains lient à l'appui de Paris à un quatrième mandat. Ajoutez à cela que nombre de responsables algériens disposent de résidences dans l'Hexagone, où leur progéniture poursuit son cursus scolaire et où ils se soignent. Ouyahia n'a donc pas tort.Karim Kebir
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim Kebir
Source : www.liberte-algerie.com