Du changement en vue pour les hôpitaux psychiatriques. Seuls 20% de leurs capacités resteront dédiés à leur vocation originelle. Le reste sera transformé en structures hospitalières générales. C'est le projet que compte concrétiser le ministère de la Santé. Le but ' Accroître l'offre de soins à de plus larges pans de la population, affirme le Pr Benbouzid. Un choix qui risque de mettre un peu plus à mal une spécialité déjà en souffrance et des patients éprouvant déjà beaucoup de difficultés à bénéficier d'une bonne prise en charge.Nawal Imès - Alger (Le Soir) - Le ministère de la Santé dévoile un pan de ce qu'il compte faire en ce qui concerne les hôpitaux psychiatriques. Jeudi, en marge d'une séance de questions orales au Sénat, le Pr Benbouzid faisait état de l'intention de son département de transformer « la majorité des hôpitaux psychiatriques en structures hospitalières générales », précisant que seulement 20% du parc hospitalier spécialisé en psychiatrie gardera sa vocation originelle.
Première structure concernée, celle de Boudouaou au sujet de laquelle le ministre de la Santé déclare que « personnellement, j'ai décidé de convertir l'hôpital de Boudouaou en hôpital pour pédiatrie, gastro et autres spécialités, pour qu'une large population en bénéficie », expliquant cette décision par le souci de « répondre aux besoins des citoyens », et d'assurer une meilleure couverture sanitaire aux populations de la région. D'autres structures connaîtront le même sort, affirme le premier responsable du secteur de la santé. À terme, les hôpitaux psychiatriques perdront 80% de leurs capacités.
Est-ce une solution' Actuellement déjà, l'offre de soins spécialisés en psychiatrie est loin de répondre aux besoins de nombreux patients. Pour faire admettre un patient dans un service de psychiatrie, c'est le parcours du combattant. En présidant la célébration de la Journée mentale, le ministre délégué à la Réforme hospitalière reconnaissait qu'en la matière, plusieurs défis restaient à relever. Le sous-directeur chargé de la promotion de la santé mentale au ministère de la Santé pointait, quant à lui, du doigt « l'inadéquation des structures existantes et la complexité du travail multisectoriel ». Selon le plan national de santé mentale, l'Algérie compte dix établissements hospitaliers spécialisés de psychiatrie, 8 services de psychiatrie dans les centres hospitaliers universitaires, et 20 secteurs sanitaires disposant de services ou de consultations de psychiatrie.
La capacité d'hospitalisation est de 4 760 lits, soit 1 lit pour 6 300 habitants et le taux d'occupation des lits varie de 50 à 85%, selon les établissements. Il y est dit que le système actuel est insuffisamment cohérent et fonctionne essentiellement dans l'urgence et sur la base d'une sectorisation archaïque, statique et dépassée, souffrant d'une déperdition importante des personnels spécialisés. À cela s'ajoutent une perte importante d'infrastructures psychiatriques hospitalières, non suppléée par d'autres modes de prise en charge et un accroissement objectif de la demande de soins et la saturation des structures existantes, sans compter une demande de soins importante exprimée dans certaines wilayas qui ne disposent pas de structures de prise en charge. La suppression de 80% des capacités des structures spécialisées en psychiatrie ne va certainement pas améliorer la situation.
N. I.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nawal Imès
Source : www.lesoirdalgerie.com