
La visite du souverain marocain intervient dans le sillage d'une éventuelle tenue d'un sommet de l'UA en Tunisie dont il n'en veut pas.Le roi du Maroc brouille-t-il les pistes' De sérieux indices tendent, en tout cas, à le prouver. Les voici. La Tunisie est à bout de souffle financièrement. Ses caisses se sont renflouées après la visite qu'a effectuée son chef de gouvernement au début du mois de mai à Alger. Mehdi Jomaâ n'est pas reparti les mains vides. Le Maroc, qui est en proie aux mêmes difficultés, certes moindres, mais du même ordre de toute façon, ne peut, lui, être raisonnablement d'aucun secours sur ce plan.«Les deux pays ont obtenu des dons officiels et des prêts accordés par des créanciers bilatéraux et multilatéraux et sont soutenus par les programmes du FMI.Au Maroc, la ligne de liquidités à des fins de précaution (d'une valeur 6.2 milliards de dollars, soit 6% du PIB) a été un point d'ancrage essentiel pour le programme des réformes...» constate l'agence de notation Fitch Ratings dans son rapport intitulé «Maroc et Tunisie: des chemins divergents depuis le printemps arabe» où elle fait un parallèle entre les économies des deux pays. Si le constat est alarmant pour la Tunisie, il démontre que le Maroc est encore loin de sortir de la zone rouge.«La hausse des prix de l'énergie et la faible croissance économique dans la zone euro ont contribué à une détérioration des comptes dans les deux pays mentionne le document. Que va donc chercher dans ces conditions le monarque alaouite à Tunis' La visite du souverain marocain intervient dans le sillage de celle effectuée par le chef du gouvernement tunisien à Alger au début du mois de mai alors que la tenue d'un sommet de l'UA en Tunisie y est à nouveau évoquée. Tandis que les médias pro-marocains mènent campagne autour d'un soutien du gouvernement tunisien au plan marocain d'autonomie du Sahara occidental.«Les deux pays sont, par ailleurs, d'accord sur plusieurs dossiers comme le Sahara (occidental, Ndlr) ou la nécessité de reconstruire le Maghreb», peut-on lire sur le site Panoramaroc.ma.De la pure désinformation lorsque l'on connaît la position officielle tunisienne qui s'aligne sur les résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU (qui garantissent le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination) pour la résolution du conflit qui oppose le Front Polisario au Maroc.Quant à la tenue d'un sommet de l'UMA pour relancer la construction d'un Grand Maghreb, le Makhzen n'a pas lésiné sur ses efforts pour le faire capoter. Le prochain sommet de l'UMA (qui avait été annoncé pour le mois d'octobre 2012 à Tunis, Ndlr) «sera seulement de pure forme... Les conditions de la tenue d'un sommet ne sont pas encore mûres et tant que les frontières entre le Maroc et l'Algérie ne seront pas rouvertes», avait souligné le chef de l'Exécutif marocain, Abdelilah Benkirane dans une interview parue le 26 juillet de la même année dans le quotidien Attajdid, organe du PJD (Parti pour la justice et le développement) dont il est aussi le secrétaire général. Une condition que pourrait avancer de nouveau le souverain marocain lors de ses pourparlers avec les responsables tunisiens pour faire avorter, encore une fois, cette initiative.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed TOUATI
Source : www.lexpressiondz.com