Quelle fierté lorsqu'on aperçoit le nom de Benyoucef Benkhedda gravé sur le panneau à l'entrée de l'université d'Alger 1 !Un ancien étudiant de cette université, révolutionnaire et intellectuel, ses principes fondamentaux étaient : Liberté, démocratie, constitution, et respect de l'islam. A l'intérieur de cette université, une réalité amère se dévoile, antinomique de la vision et des convictions de Benyoucef Benkhedda.
Tout porte à croire que dans cette université, il y a des impératifs à respecter, faute de quoi, on subit les affres de l'autoritarisme des responsables.
On décèle la pratique du clanisme et du régionalisme sans faille. Une université qui devient « une dachra ». Il y a ceux qui pratiquent la brosse « chitta » dans notre langue ce terme a une charge plus significative et plus expressive, et ils la font majestueusement, garent à ceux qui ne la font pas dans le sens du poil. Des privilèges sont conséquents.
Et l'autre catégorie, en retrait, observatrice du déclin de l'université.
Certains sont silencieux par peur des représailles, et d'autres par reddition à un état de fait généralisé et se limitent à la « khoubza » espèrent et attendent une providence utopique.
Dans ce marasme quotidien et un désordre normatif où les médiocres dirigent et émettent des injonctions, les compétents et les vertueux, sont écartés et réduits au silence.
Un autre aspect corollaire à cette situation, la dégradation de la pédagogie, comment peut-on expliquer les transferts massifs des étudiants de la faculté des sciences de la fac centrale à l'université de Bab-Ezzouar ' alors qu'au départ c'était un fait inverse.
En parlant de l'université, parlons du mode de désignation des responsables : recteur, vice-recteurs, et doyens dans les universités occidentales et développées, cela se fait par une élection de la communauté universitaire, qui mieux que ses pairs pour être reconnu compétent et intègre, je dirai plutôt, intègre et compétent.
Le mode idéal pour diriger ses pairs, une garantie d'un travail dans un climat serein, d'une confiance et d'un respect mutuels.
Le président de l'université devrait être élu à la majorité des membres en exercice, des enseignants-chercheurs, des représentants des étudiants et du personnel, pour un mandat de quatre ans renouvelable une seule fois. De même que pour ses adjoints : vice-recteurs, doyens, secrétaire général? C'est ça la démocratie à l'université, à l'instar des universités des pays développés, l'université doit servir de guide pour la démocratie dans le pays.
Dans ce cas là, le président de l'université se conformera aux attentes de ceux qui l'ont élu, il ne sera ni un haggar ni un corrompu, il sera juste le modèle d'intelligence, d'intégrité qui va inspirer la communauté universitaire. L'université a besoin d'un leader, d'une icône intellectuelle et humaine qui draine les universitaires et inspire les étudiants. Eric Dacheux disait : « pas de démocratie universitaire sans courage des universitaires »
Le désengagement des universitaires dans la vie et la gestion des universités nous conduit à un déficit démocratique qui s'accroit, laissant place à une gouvernance défaillante et imposante. John Kennedy disait : « L'art de la réussite consiste à savoir s'entourer des meilleurs »
Chez nous la prévalence est à la « hachia », quelle que soit sa compétence, plutôt son incompétence et son désengagement pour le bien de l'université.
Voilà la problématique cruciale de nos universités. Quand on démarre sur de mauvaises bases, il ne faut pas s'étonner des résultats, tout est synchronisé. Espérant que les autorités se pencheront sur ce problème, cela devient urgent, l'université doit être maintenue dans un esprit équitable où chacun évolue dignement sans pressions ni internes ni externes.
Je suis un rêveur, laissez moi donc rêver.
Un enseignant universitaire
K. Yacine
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Quotidien d'Algérie
Source : www.lequotidienalgerie.org