Le président français, François Hollande, est arrivé hier au Maroc pour une visite d'Etat de deux jours. Il l'a entamée dans la capitale économique du royaume chérifien, où il a inauguré avec le roi Mohammed VI ' avec lequel il aura une série d'entretiens ' plusieurs projets de coopération entre les deux pays.
Maroc
De notre envoyé spécial
Le président français est accompagné d'une délégation de neuf ministres, d'une soixantaine de chefs d'entreprise et d'autres personnalités, entre autres, Jack Lang, président de l'Institut du Monde arabe à Paris.
Mais, il faut le dire, le moment le plus attendu c'est aujourd'hui à Rabat, quand il prononcera un discours devant le Parlement marocain.
Tout le Maroc est suspendu à cette allocution. A Rabat, on guette le soutien de l'«ami», malgré la bouderie, vite dissipée, du premier voyage d'Alger. La presse du royaume en a fait d'ailleurs ses choux gras.
Elle a repris en ch'ur la dernière déclaration, cette semaine à Madrid, du ministre délégué chargé des Affaires étrangères, Youssef Amrani, pour qui le «statu quo au Sahara occidental représente un sérieux risque pour la région du Maghreb».
En arrière-fond, le diplomate marocain vise l'Algérie qui renvoie la résolution du problème aux instances internationales concernant l'autodétermination du peuple sahraoui.
Le dossier sahraoui !
Mais de cela, les Marocains n'en veulent pas, ils entendent faire passer leur vision qu'ils exposent à l'occasion de la venue de François Hollande, espérant arracher son soutien à ce qu'ils appellent «une solution négociée dans le cadre du plan de l'autonomie de 2007».
Point donc d'autodétermination pour les Sahraouis. L'édition d'hier du journal l'Opinion cite une source française, qui a requis l'anonymat, disant que l'Elysée pense que «le Maroc a pris des initiatives utiles sur ce dossier». «Des initiatives, écrit le journaliste, qui ont créé une dynamique. Et l'ambition de la France, selon lui, est d'être à la fois utile et pragmatique pour revivifier le processus de négociations, en partant, estime la source de l'Elysée qui se confie à l'Opinion, des propositions marocaines et de son plan de l'autonomie de 2007.»
Selon des échos, le royaume chérifien souhaiterait un retour d'écoute de la France, pour l'avoir soutenue dans son intervention au Mali en autorisant le survol de son territoire par les Rafale français. François Hollande contentera-t-il l'«ami» marocain ' Wait and see. Mais il est attendu que l'Hexagone joue encore la carte de l'équilibrisme. Le locataire de l'Elysée a toujours entretenu, dans ses discours, une certaine ambiguïté sur la question. «L'ONU, rien que l'ONU, et toutes les résolutions de l'ONU», disait-il lors de son déplacement à Alger en ajoutant, en restant évidemment vague, «le règlement de ce conflit doit s'exercer dans le cadre des Nations unies à travers une solution politique, négociée et mutuellement acceptable».
Est-ce qu'il va être plus précis aujourd'hui à Rabat ou va-t-il continuer à faire preuve de retenue pour ne pas irriter ses interlocuteurs ' Au vu de l'extrême sensibilité de la question, il est attendu, malgré la ferveur qui a gagné l'opinion marocaine et le pressing du royaume, à la faveur de cette visite d'Etat, que François Hollande joue encore une diplomatie à la carte et très prudente pour préserver le business de la France dans la région.
Une France en crise avec un déficit budgétaire auquel le locataire de l'Elysée n'a pas encore remédié et un chômage qu'il n'a pas réduit. François Hollande, qui a tracé presque le même programme que lors de sa visite en Algérie, prononcera, comme à Tlemcen, un discours à l'université internationale de Rabat.
La seule exception qu'il a faite est qu'il rencontrera, contrairement à Alger, les représentants de la société civile, pour, c'est ce qu'on dit Rabat, «saluer l'ouverture politique et sociale du royaume et apporter son soutien aux réformes initiées par le roi Mohammed VI». Les patrons français qui l'ont accompagné rencontreront leurs homologues marocains. D'après la feuille de route du chef de l'Etat français, les deux parties signeront pas moins de 29 accords de coopération.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Said Rabia
Source : www.elwatan.com