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Quand les Occidentaux cherchent à savoir



Quand les Occidentaux cherchent à savoir
Les représentants des diplomaties étrangères, notamment des grandes puissances, cherchent à "prendre le pouls" et la "température" d'un pays qui demeure, à leurs yeux, imprévisible.La rencontre, d'apparence anodine, est passée presque inaperçue : le secrétaire général du RND et néanmoins chef de cabinet de la présidence de la République, Ahmed Ouyahia, a reçu lundi dernier au siège de son parti à Alger, l'ambassadeur américain à Alger, Joan Polaschik.Cette rencontre, à la demande de la diplomate américaine, a été éventée par un tweet, mais sans que soit révélée, cependant, la teneur des discussions entre les deux parties. Elle intervient presque deux mois après la rencontre entre la diplomate et le nouveau secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbes, la deuxième après celle ayant eu lieu auparavant avec Amar Saâdani.Dans un communiqué rendu public, alors, sur son site Internet, le FLN expliquait que les deux parties ont évoqué les relations d'amitié qui lient les deux pays et discuté des "questions d'intérêt commun", concernant notamment les réformes économiques dans les domaines de l'agriculture, les recherches dans le domaine de l'énergie et l'encouragement de l'investissement étranger."Les deux parties ont mis l'accent sur la nécessité de renforcer les relations bilatérales et de les hisser à un niveau supérieur", avait ajouté, par ailleurs, le communiqué.Mi-décembre, c'est à Muriel Berset Kohen, ambassadrice de la Confédération suisse, et Bernard Emié, ambassadeur de France, de rencontrer Djamel Ould Abbes. Quelques mois plutôt, Bernard Emié rencontrait même le secrétaire général de Talaiou El-Houriet, l'ex-candidat à l'élection présidentielle, Ali Benflis. Des rencontres similaires ont également eu lieu en septembre dernier entre les deux diplomates, américain et français, séparément bien entendu, et le président du MSP, Abderazak Makri.Si ces rencontres ? en attendant d'autres certainement dans les prochaines semaines avec d'autres leaders de l'opposition ? somme toute, ordinaires, s'inscrivent, à l'évidence, dans le cadre des activités des diplomates, il n'en demeure pas moins que les représentants, notamment des grandes puissances, cherchent à "prendre le pouls" et la "température" d'un pays qui demeure, à leurs yeux, imprévisible.Qui les désoriente même. Malgré les assurances des autorités officielles et des atouts certains qu'elles font valoir, comme la "stabilité" ou encore "l'expertise dans la lutte contre le terrorisme", les Occidentaux, échaudés par la tournure des événements en Tunisie, un pays représentant presque la moitié de la superficie d'Adrar, demeurent prudents et parfois même affichent leurs inquiétudes.Et rien de plus emblématique de l'illustration de ces soucis que ces rapports, régulièrement rendus publics, qui épinglent le pays sur bien des dossiers : les droits de l'Homme, les libertés individuelles, collective et religieuse, la corruption ou encore le climat des affaires. On se rappelle aussi ces "inquiétudes" et "interrogations" exprimées ouvertement par des députés européens à la délégation de journalistes algériens reçue au Parlement à Bruxelles en décembre 2014. "L'avenir du pays n'est pas clair", selon eux.Et ce qui n'est pas de nature à les rassurer davantage, c'est cette opacité qui entoure la réalité du pouvoir, notamment depuis la maladie du président Bouteflika, que certains indices trahissent, comme l'initiative du "Groupe des 19", "les attaques récurrentes de Saâdani contre l'ex-patron des services" ou encore le récent fiasco du Forum africain pour l'investissement et les affaires.Karim Kebir
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