
En attendant de savoir si c'est plus le médecin ou le chef de parti qui s'exprime, une chose est certaine : ce n'est pas au SG du FLN, Djamel Ould Abbes, de se prononcer sur l'état de santé du président Abdelaziz Bouteflika.À moins que le sujet du cinquième mandat ne relève pas d'une simple tentative de pollution médiatique.Le tout fraîchement installé à la tête du Front de libération nationale, Djamel Ould Abbes, a étonné ce mardi, 1er Novembre, dans une déclaration faite au journal électronique TSA, en soutenant que "le président Bouteflika se remettra à marcher dans quelques mois". Et l'étonnement n'est pas dans la question de savoir si Abdelaziz Bouteflika se remettra réellement à marcher après son accident vasculaire cérébral (AVC), survenu fin avril 2013, et qui lui a valu longues hospitalisation et convalescence.Ce qui est plutôt surprenant, c'est de voir un sujet aussi sérieux abordé de manière aussi légère. Et la légèreté, justement, est autant dans la forme que dans le fond du propos du successeur d'Amar Saâdani. Parce que, de prime abord, en qualité de quoi Djamel Ould Abbes s'autorise-t-il à livrer un tel diagnostic médical, médecin de formation qu'il serait ' Est-il ainsi dans les prérogatives d'un chef de formation politique de communiquer sur le bulletin de santé du président de la République, et de la sorte ' À moins que l'institution présidentielle ne soit plus qu'une coquille vide et que ses prérogatives, entre autres le devoir de communiquer et de rassurer la nation sur la santé de son président, ne soient également transférées au parti FLN.Ensuite, tel que dit, le propos du nouveau SG du FLN se rapproche plus de la prédilection, pour ne pas dire du charlatanisme, plutôt que d'une lecture scientifique d'un bilan médical avéré.Parce que s'il s'agit de faire une lecture publique du bilan de santé du Président, Abdelaziz Bouteflika dispose de ses médecins traitants, de même que la présidence de la République, en tant que première institution du pays, dispose également de différents services capables d'informer et de tenir les Algériens au fait de l'évolution de l'état de santé de leur Président.Mais au lieu de cela, les Algériens ont visiblement droit à des déclarations dont il est difficile de mesurer le degré de sérieux et la part de politique politicienne. La preuve est que les déclarations de Djamel Ould Abbes, qui ont vite fait le tour des réseaux sociaux, ont surtout provoqué "moqueries" et "railleries" chez les internautes. Et les Algériens, faut-il peut-être le souligner, auraient certainement aimé ne pas voir l'état de santé de leur Président se transformer en "marchandise dans un souk politique". En d'autres termes, ils auraient souhaité savoir si réellement Abdelaziz Bouteflika se remettra à marcher, par le biais d'une institution habilitée à le faire, pour pouvoir ainsi juger de la véracité de la nouvelle. À moins, et ce n'est pas à exclure, que le propos de Djamel Ould Abbes ne s'inscrive dans la même optique qui l'avait poussé à déclarer, le jour même de son intronisation à la tête du vieux parti, que le FLN soutiendra Abdelaziz Bouteflika s'il veut bien se présenter pour un cinquième mandat, en 2019. Au lendemain de cette annonce, certains observateurs de la scène politique nationale ont bien voulu croire que ce n'était ni plus ni moins qu'une tentative de "pollution médiatique". Mais voilà que le nouveau SG du FLN recommence et revient à la charge.Alors, ballon-sonde ' Surenchère politique ' Dans cette optique, il faudra rappeler aussi que le quatrième mandat, une option qui, quelques semaines avant le printemps 2014, relevait de la fiction dans l'esprit des Algériens, a fini pourtant par se concrétiser et dans les conditions que l'on sait. Et l'appel ayant précédé la mise en branle de la machine électorale a été bien fait au stade du 5-Juillet, inscrit dans une mégabanderole portée par des supporteurs du Mouloudia d'Alger (MCA). Autant de raisons de ne pas exclure que Djamel Ould Abbes se soit engagé dans une campagne prématurée.Mehdi Mehenni
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mehdi Mehenni
Source : www.liberte-algerie.com