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Quand le mythe se mêle à la réalité



Les archives de la Marine française font référence d'une lettre de Dubois-Thainville, chargé d'affaires à Alger, dépêchée au dey Mustapha, le sommant de libérer les naufragés et qui fit mention des religieuses hollandaises. Cette requête ne serait jamais satisfaite puisque, selon la tradition locale, les religieuses chrétiennes se seraient converties à l'Islam.Une histoire vraie ou plutôt une légende ' Certainement les deux, un fait réel enjolivé par des récits plus ou moins précis ou vérifiés.
A travers son roman, un volumineux ouvrage de 654 pages, La troublante destinée de Mama Binette, une naufragée captive, paru dernièrement, Houari Larbi revient sur cette vieille histoire, datant du tout début du XIXe siècle.
Tout a commencé en l'an de grâce 1802, avec le Banel, un navire d'une expédition napoléonienne en cap vers Saint-Domingue, dans les Caraïbes. Il ne sera pas victime de pirates lancés à l'abordage. En effet, le Banel fait naufrage en Méditerranée au large des côtes africaines et échoue sur les côtes algériennes, plus précisément à Beni Houa, située à environ 130 kilomètres à l'ouest d'Alger, entre Ténès et Cherchell.
Parmi les rescapés, il y avait neuf femmes, des religieuses hollandaises qui ne retourneront jamais dans leur pays. La plus célèbre de ces femmes est Mama Binette.
Ces neuf femmes, ayant embarqué, dit-on, clandestinement, voulaient aller vers la Louisiane en Amérique du Nord pour commencer une nouvelle vie. Mais elles ne quitteront jamais les tribus de Béni Haoua.
Pour le côté historique, il existe un échange épistolaire à leur sujet entre Alger et la France. Ainsi, les archives de la Marine française font référence d'une lettre de Dubois-Thainville, chargé d'affaires à Alger, dépêchée au dey Mustapha, le sommant de libérer les naufragés et qui fit mention des religieuses hollandaises. Cette requête ne serait jamais satisfaite puisque, selon la tradition locale, les religieuses chrétiennes se seraient converties à l'Islam et auraient volontairement décidé de finir leur vie auprès des tribus locales.
Grâce à leur piété et leur altruisme, les s?urs hollandaises acquièrent le respect des populations locales. Le nom (ou surnom) de Mama Binette serait une déformation phonétique de Yemmat el b'nat (la Mère des filles), dont le véritable nom serait Mère Jeanne de l'Enfant Jésus, une infirmière du corps ecclésiastique catholique. Des mausolées leur ont été dédiés afin de perpétuer leur souvenir dans la mémoire collective des Béni Haoua.
Le mausolée de Mama Binette a été détruit une première fois par un séisme en 1936. Depuis, il fera l'objet de plusieurs destructions et reconstructions, jusqu'à sa restauration avec l'aide financière des Pays-Bas, en 2008.
Originaire de Cherchell, dans la wilaya de Tipasa, Houari Larbi, l'auteur du roman La troublante destinée de Mama Binette, une naufragée captive, édité à compte d'auteur, est un enfant de la région. Aujourd'hui, il exerce le métier de journaliste et il est passé, parfois en tant que correspondant, par plusieurs organes de presse algériens : Le Matin, Le Courrier d'Algérie, Le Quotidien d'Oran et aujourd'hui Le Soir d'Algérie.
Kader B.
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