Le dispositif de la gestion de la crise sanitaire du nouveau coronavirus mis en place par le gouvernement n'est pas sans effets collatéraux. La vie économique et sociale se trouve chamboulée de fond en comble. Tous les secteurs d'activité se trouvent impactés.Rym Nasri - Alger (Le Soir) - La fermeture de nombreuses activités commerciales à 15h, l'instauration du couvre-feu de 20h à 5h du matin, et l'interdiction du transport en commun durant les week-ends ont complètement chamboulé le quotidien des Algérois.
À peine 15h, que les différentes allées marchandes de la capitale commencent à se vider. Les rideaux des restaurants, fast-foods, cafés, salons de coiffure, magasins d'électroménager, d'articles ménagers, d'articles de sport, de literie et tissus, de jouets, ... sont déjà baissés. Le mouvement des clients cesse et les employés de ces commerces sommés de fermer à 15h, quittent tôt les lieux. Désertés en plein jour, ces quartiers, habituellement très animés, offrent aujourd'hui une image triste.
«Libérés» très tôt, tous ces gens s'empressent de rentrer chez eux. La plupart d'entre eux optent pour les transports en commun. Les bus sont vite pris d'assaut. Difficile d'y trouver une place à cette heure-ci. Ces transports sont pleins alors qu'un monde fou attend toujours dans les abribus. Désormais, quinze heures est devenue la nouvelle heure de pointe.
Cette ruée sur les transports a carrément compliqué la situation en ces temps de crise sanitaire de Covid-19. Point de distanciation physique dans les bus. À l'intérieur, les passagers sont très souvent entassés. Ils veulent tous prendre le premier bus arrivé puisque le nombre de navettes est réduit en raison du couvre-feu effectif à partir de 20h.
Où sont passées les brigades de contrôle chargées de faire respecter les mesures barrières arrêtées par les autorités publiques ' Le laxisme observé par les pouvoirs publics quant à sanctionner les contrevenants entraîne un relâchement de la vigilance qui se traduit sur le terrain par la hausse des contaminations au Covid-19 ces derniers temps.
Décidé le 17 novembre dernier, le couvre-feu, prolongé tous les 15 jours, apporte à son tour son lot de désagréments. Depuis son instauration, les embouteillages sur les routes sont devenus monnaie courante. La journée étant très courte, les automobilistes prennent le volant pratiquement tous au même moment pour se rendre au travail le matin ou rentrer en fin de journée. Pressés d'arriver chez eux avant 20h pour éviter toute verbalisation, certains d'entre eux appuient sur le champignon, faisant fi des règles du code de la route. Selon les chiffres de la DGSN, le nombre des accidents de la circulation a augmenté depuis la mesure du couvre-feu, particulièrement entre 18h et 20h.
L'interdiction des transports de voyageurs, l'autre mal
Quant à l'interdiction des transports en commun durant les week-ends, cette disposition a pénalisé beaucoup de travailleurs dans différents secteurs, en service le week-end. Faute de transport, la plupart d'entre eux ne peuvent plus rejoindre leur poste de travail, tout comme les élèves qui fréquentent les établissements scolaires assez loin de leur domicile. Les cours dispensés les samedis ont été «abandonnés».
Il a fallu deux semaines plus tard pour que le ministère de l'Education nationale réagisse. Il a annoncé dimanche dernier que les établissements primaires ayant adopté la double vacation pourraient se passer «si nécessaire» de dispenser des cours les samedis. Il propose ainsi de répartir les séances de cette journée sur les cinq jours de la semaine, et ce, à partir du 5 décembre prochain.
L'interdiction des transports de voyageurs interwilayas qui persiste depuis le premier confinement de la population en mars dernier, elle aussi, pénalise beaucoup d'usagers, notamment les patients ayant des rendez-vous dans les hôpitaux situés hors de leur wilaya, mais aussi, les étudiants qui ont repris leurs études et examens en septembre dernier. Pour regagner les universités dans les grandes villes où ils sont inscrits, de nombreux étudiants des régions de l'intérieur, des Hauts-Plateaux et du sud du pays font dans la «débrouillardise». Parfois, ce sont les proches parents qui viennent à leur rescousse ou les taxis clandestins qui assurent le service au prix fort.
Ce problème qui reste posé à ce jour alors que la rentrée universitaire est prévue le 15 décembre prochain. Récemment, le ministère de l'Enseignement supérieur a annoncé que des contacts sont en cours pour prendre en charge le problème du transport des étudiants. Il annonce, d'ailleurs, la reprise du transport ferroviaire à partir du 15 décembre prochain. À noter que les vols intérieurs vont reprendre le 6 décembre prochain, ce qui soulagera un tant soit peu les étudiants.
Ry. N.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rym Nasri
Source : www.lesoirdalgerie.com