
Après le président du MSP qu'elle a rencontré au début du mois et dont le parti est membre de la Coordination pour les libertés et la transition démocratique (CLTD), c'est au tour de l'ex-chef de gouvernement, aujourd'hui à la tête du nouveau venu sur la scène politique, Talaiou el-Houriyet, en l'occurrence Ali Benflis, de recevoir Mme l'ambassadeur des Etats-Unis d'Amérique à Alger, Mme Joan Polaschik. "Nous avons accueilli Son Excellence l'ambassadeur des Etats-Unis à sa demande et nous avons eu avec elle de longues discussions comme celles que nous avons eues avec d'autres diplomates étrangers", a déclaré à la presse Ali Benflis. Même si la diplomate, réserve oblige, n'a pas encore communiqué sur cette rencontre, comme pour d'autres au demeurant, l'ex-candidat à la présidence, en revanche, a évoqué quelques aspects des discussions globalement axées sur la situation du pays et d'autres questions régionales. "L'Algérie a besoin d'institutions légitimes qui ne doivent découler que d'élections propres et honnêtes sous la supervision d'une commission électorale indépendante qui bénéficie de l'aval de l'opposition et du pouvoir."C'est, en résumé, le message que voulait faire parvenir Benflis à la diplomate américaine dont le pays entretient une grande coopération, notamment sécuritaire avec l'Algérie. Et d'après nos sources, d'autres rencontres sont également prévues prochainement entre la diplomate américaine et d'autres formations politiques, notamment celles siégeant à l'Assemblée mais aussi celles de l'opposition, comme le RCD et le FFS. Quelques jours plus tôt, c'est la haute représentante de l'Union européenne (UE) aux affaires étrangères et à la politique de sécurité, en visite à Alger, de recevoir, au cours d'une rencontre, de nombreux acteurs de la société civile dont le président de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (Laddh), Me Nouredine Benissad. "Le président de la Ligue est intervenu sur les deux points proposés dans l'ordre du jour de la réunion, à savoir, le rôle de la société civile et les droits des femmes, en insistant notamment sur la loi sur les associations qui constitue un obstacle à l'existence et au développement d'une société civile autonome et responsable, et la nécessité de promouvoir davantage les droits de la femme en sa qualité d'acteur majeur pour le développement du pays", a indiqué la Laddh. Le 10 septembre dernier, c'était l'ambassadeur du Royaume-Uni en Algérie, Andrew Noble, qui avait rencontré le premier secrétaire du FFS au siège du parti. "Les échanges entre les deux parties ont porté sur les relations algéro-britanniques et sur plusieurs questions d'actualité nationale, régionale et internationale", avait indiqué le FFS dans un communiqué. Si ces rencontres relèvent de l'activité ordinaire des diplomates étrangers en poste à Alger, il reste qu'au regard du contexte politique, le choix des acteurs rencontrés et la cadence des rencontres, tout porte à croire que les chancelleries occidentales cherchent à "comprendre" et à percer la "boîte noire" de la "cuisine politique" algérienne et ses perspectives proches.Encore plus aujourd'hui avec les chamboulements en profondeur qui ont touché les services de renseignement et qui ont connu leur point d'orgue avec le départ de leur patron, le général-major, Mohamed Mediène.Outre l'opacité qui caractérise le régime, les chancelleries sont confrontées également et souvent à l'irascibilité des dirigeants lorsqu'elles viennent à rencontrer notamment l'opposition. L'on se rappelle les "vociférations" d'Amar Saâdani et du RND lorsqu'une délégation de l'UE, conduite par le député belge Barnard Savage, avait rencontré en novembre de l'an passé la CNLTD, une rencontre qui avait coïncidé avec l'hospitalisation pour quelques jours de Bouteflika à l'hôpital de Grenoble. Mais il faut dire que l'UE et les Etats-Unis, même si cela ne ressort pas dans les discours de leurs représentants, sont inquiets de la situation politico-économique de l'Algérie et redoutent une instabilité qui risque de porter préjudice autant à la stabilité de la région et au-delà, tout comme à la coopération sécuritaire et énergétique. Des gorges profondes n'avaient pas manqué de l'exprimer en décembre 2014 au siège du Parlement européen à des journalistes algériens. C'est parce qu'il n'est ni dans leur intérêt, encore moins dans celui des Algériens, que l'Algérie soit déstabilisée que les Occidentaux tentent d'anticiper sur les événements. Reste à savoir si, à travers ces rencontres, ils réussiront à réunir toutes les pièces du puzzle.K.K.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim Kebir
Source : www.liberte-algerie.com