Le corps Algérie est en état de décomposition avancée et seul un miracle comme celui du 1er Novembre 1954 pourrait le ressusciter. Un climat délétère submerge le pays, laissant croire que celui-ci n'est plus dirigé et qu'il est à l'abandon. La vacance du pouvoir est là, bien perceptible pour le malheur du peuple algérien et pour le bonheur de ses ennemis intérieurs et extérieurs.Pourquoi un tel gâchis ' La Constitution algérienne précise bien que le pays est régi par trois pouvoirs : le législatif, le judiciaire et l'exécutif. Or, et surtout depuis une vingtaine d'années, le pouvoir est détenu uniquement par l'Exécutif, contrairement à ce qu'on veut faire croire aux citoyens, et par un seul homme, Abdelaziz Bouteflika. Depuis qu'il a été installé à El Mouradia, ce dernier a man?uvré pour mettre toutes les institutions à sa botte, ne leur laissant aucune possibilité d'autonomie.
N'avait-il pas déclaré qu'il ne veut pas être «un trois-quarts de Président». Il a suffi qu'il tombe gravement malade, qu'il n'ait plus de prise sur les événements, pour que n'importe qui fait n'importe quoi. L'anarchie s'est installée, au point qu'on assiste à une guerre inédite au sein de l'Assemblée nationale. Des députés membres de l'Alliance veulent la tête du président de l'APN, Saïd Bouhadja, et disent avoir réuni plus de 360 signatures de parlementaires dans ce but. Ce dernier réplique que c'est faux et qu'il n'y a eu que 64 signatures. Plus grave, il dit qu'il est prêt à accepter sa «destitution par une décision de la Présidence».
Un aveu de taille, qui rappelle celui fait par le sulfureux Amar Saadani, lorsqu'il a été porté à la tête de la présidence de l'Assemblée. «Je remercie son Excellence, le président Abdelaziz Bouteflika pour sa confiance», avait-il déclaré.
Des déclarations qui prouvent que le pouvoir législatif n'est qu'une fiction et que l'Algérie est en plein dans le pouvoir personnel. Le peuple algérien n'est pas dupe. Il sait très bien qu'il vit avec une démocratie de façade et que le multipartisme n'est là que pour amuser la galerie. Le système, pour empêcher l'émergence d'une authentique démocratie, a multiplié les petits partis, donnant l'agrément à des aventuriers qui veulent profiter de l'aubaine pour se faire de l'argent et qui n'ont aucune notion de ce que veut dire débat politique, développement économique et social. Cette engeance voit l'Algérie comme une vache à lait de laquelle il faut soutirer le maximum et par n'importe quel moyen. Le meilleur moyen d'y arriver est de s'aplatir au maximum devant les maîtres du pays. Des chefs de «partis» ne cachent même plus pourquoi ils se sont engagés dans la «politique». L'un d'entre eux, dont le nom ne mérite même pas d'être cité dans un journal, a défendu ce qu'il appelle le «larbinisme positif», un nouveau concept que même la République de Papa Doc, à Haïti, n'a pas osé inventer.
Une femme, responsable elle aussi d'un parti, se vante, toute honte bue, d'avoir la palme d'or de la «chita», et une troisième, ancienne maîtresse d'un ex-chef d'un parti islamiste, défend l'esclavage de l'Algérienne et a déclaré la guerre à la Kabylie, cherchant peut-être à provoquer une guerre civile dans le pays. Cette perversion de la politique arrange pour l'instant les affaires du système qui, pour agir à sa guise, a refusé par exemple l'agrément à des partis créés par des personnalités respectables et respectées, comme Sid Ahmed Ghozali et le Dr Ahmed Taleb Ibrahimi. Ce système, heureusement, a atteint ses limites. Il est au bord de l'effondrement. Et c'est ce qui engendrera la résurrection de l'Algérie, même si certains ne reculent toujours pas devant le ridicule et la honte, uniquement pour plaire au prince. Sans doute dans un accès de démence, la Radio algérienne et l'ONDA viennent de créer un concours de poèmes sur «Le rôle de la Grande Mosquée d'Alger dans le rayonnement de l'islam». C'est ça le miracle à l'algérienne ! Le bébé n'est pas encore né et déjà il fait des miracles.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Tayeb Belghiche
Source : www.elwatan.com