
La crise syrienne a généré une crise humanitaire d'une grande ampleur. Des centaines de milliers de civils syriens sont victimes d'exactions des deux camps qui se disputent le pouvoir. En Syrie, dans différentes localités, des civils sont victimes visées ou collatérales des affrontements entre opposition armée et forces gouvernementales. Cet état de fait a contraint à l'exode intérieur et extérieur des dizaines de milliers de personnes en quête de sécurité pour leur vie. Ce qui est étrange, c'est que l'Algérie soit une destination de milliers de réfugiés, dont le nombre avoisinerait les 12 000 personnes. Il ne s'agit pas de personnes disposant de moyens et pouvant choisir le pays d'exil selon leur préférence, mais de familles qui ne disposent de rien puisqu'elles ont abandonné leurs biens en Syrie pour trouver refuge en Algérie. L'étrangeté réside dans l'éloignement du pays d'accueil par rapport à l'urgence de la situation. Traditionnellement, les réfugiés se dirigent naturellement vers les pays limitrophes de leur pays pour des raisons pratiques. Le HCR prend ses dispositions en accord avec les pays frontaliers au pays en crise, pour accueillir ceux qui fuient la guerre, la famine ou les épidémies. Les réfugiés qui choisissent des destinations lointaines, appartiennent à des catégories sociales aisées, ou, le cas échéant, se rendent chez des proches et des amis qui les accueillent et ne sont pas considérés comme des réfugiés. C'est pourquoi on s'interroge sur la qualité des réfugiés qui ont choisi l'Algérie. Manifestement, l'Etat algérien n'a pas proposé au HCR d'accueillir des réfugiés syriens, autrement ces derniers n'auraient pas envahi les places publiques à leur arrivée. Ce n'est que quelques jours plus tard que le gouvernement à réagi pour leur réserver un espace d'accueil à Sidi Fredj. En d'autres termes, l'Etat algérien a été surpris par le nombre des réfugiés et leur statut social, d'autant plus que ces réfugiés ne sont pas uniquement à Alger mais dans plusieurs villes du pays et, espérons-le, toutes les dispositions sont prises pour préserver la dignité des familles syriennes qui ont choisi l'Algérie comme terre d'asile. Cependant, il est du droit de tout pays d'accueil de prendre des mesures conservatoires afin de s'assurer de la qualité de réfugié de toute personne demandeuse d'asile. Car c'est dans ce genre de situation de crise dans un pays tiers que les risques d'infiltration d'espions, de trafiquants, de criminels et autre pègre est aisée. Le cas Libyen est édifiant sur les armes qui se sont infiltrées en Algérie et les conséquences de cet état de fait sur la sécurité intérieure.
A. G.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Abdelkrim Ghezali
Source : www.latribune-online.com