
Lui c'est Karim Tahar, aujourd'hui âgé de près de 85 ans, mais sa vie est une véritable épopée.D'abord artiste, son style musical, très moderne pour l'époque, a séduit plus d'un, en se distinguant en même temps de l'orchestration orientale et en même temps des ensembles pratiquant les différents styles traditionnels. L'introduction subtile d'instruments ou de rythmes venus des quatre coins du monde a tout de suite propulsé sa carrière.Chanteur bilingue, interprétant des morceaux en berbère ou en arabe algérien, il a su captiver son public avec un timbre de voix très particulier. On estime aujourd'hui que la qualité musicale de ses chansons, qui sont restées dans la mémoire collective de toute une génération, vient du fait qu'il a été conseillé par le compositeur Mohamed Iguerbouchene, qu'il a connu à Alger. Son talent est indéniable, mais c'est sans doute parce qu'il s'est en quelque sorte éparpillé en multipliant les activités qu'il demeure aujourd'hui méconnu du grand public. Au lendemain de l'indépendance, il a, durant les premières années, continué à faire des apparitions à la télévision et quelques-unes de ses chansons sont épisodiquement diffusées à la radio, mais pas plus.En sa qualité de boxeur professionnel, Karim Tahar a eu l'occasion d'interpréter un rôle dans un film policier de l'époque (années 1950) intitulé Aventures à Alger donnant la réplique à des acteurs français de cette époque. Dans le domaine de l'audiovisuel, on recense aujourd'hui une quarantaine d'émissions de radio ou de télévision auxquelles il a participé un peu partout dans le monde, dont au Liban, en Egypte et dans quelques pays africains. Avant l'indépendance, il était speaker bilingue, contrôleur musical, programmateur, assistant de production et adjoint du chef de section musicale de la RTF (Radiotélévision française). Militant au sein de la Fédération de France, après l'indépendance le gouvernement algérien lui a confié la direction artistique de l'Office national du tourisme, mais aussi la direction des sports et de la culture au sein de la célèbre société DNC.Il était également conseiller du ministre de l'Habitat en 1967. Mais sa passion pour la boxe était telle qu'il s'est finalement consacré entièrement à cette discipline en devenant juge puis arbitre international, ou en assumant diverses fonctions, dont une en qualité de membre du comité exécutif de l'association internationale de boxe AIBA. Il était, entre autres, membre du jury des Jeux olympiques, ainsi que des championnats internationaux européens, africains et asiatiques. Il a également assumé la fonction de président de la commission centrale des juges et arbitres du continent africain.Il a connu tous les champions de la boxe algérienne, mais certains estiment qu'il a particulièrement joué un grand rôle dans la venue en Algérie, dans les années 1970, de Loucif Hamani, qui était alors professionnel en France. Toutes ces informations ont été recueillies par une agence organisatrice d'événements (Magic sound) qui veut et qui appelle en même temps à participer à rendre un hommage, tant qu'il est encore vivant, à l'une des meilleures voix du Maghreb. Un hommage amplement mérité et une manière de sortir de l'oubli ce personnage hors du commun, qui ne peut que servir d'exemple pour la jeunesse d'aujourd'hui. Selon les organisateurs, des vedettes comme Souad Massi ont déjà donné leur accord de principe pour participer à cet hommage attendu avec impatience.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel Benachour
Source : www.elwatan.com