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Projection du film documentaire El-Ghosto de Safinez Bousbia



El-Ghosto de Safinez Bousbia vient conter avec émotion et nostalgie à la fois, la musique qui a réuni ceux que l'histoire a séparés il y a exactement 50 ans.
Le film documentaire El Ghosto de la réalisatrice algéro-irlandaise Safinez Bousbia a été projeté vendredi soir, en avant-première nationale, à la salle de cinéma Cosmos de Ryadh El Feth à Alger. Une projection qui se poursuivra jusqu'à la fin du mois de Ramadhan. Ce film de 1h33 lève le voile sur la rencontre d'anciens musiciens du chaâbi ayant marqué leur époque, en l'occurrence celle des années 1940, jusqu'aux années 1970. El Ghosto ne se décline pas sous la forme d'un film sur des hommes et des lieux, il est plus exactement un retour nostalgique sur les traces du chaâbi. Une grande part de cette histoire est axée sur ceux qui l'ont impulsé et rendu populaire, en l'insérant dans le patrimoine culturel algérien. Produit par «Quidam Production» et distribué en Algérie par «Cirta Films», le documentaire revient sur l'histoire d'une rencontre entre Safinez Bousbia, à l'époque étudiante en architecture vivant à Dublin (Irlande), qui était venue pour la première fois à Alger pour aller à la découverte de son pays natal et des musiciens du conservatoire. Des musiciens qui appartenaient à la toute première partie du premier ensemble de musique chaâbi créé par le regretté phénix du châabi, El Hadj M'hamed El Anka. Safinez a expliqué que la genèse de cette histoire a débuté quand elle a découvert qu'un artisan miroitier de la Casbah d'Alger, portant le nom de Mohamed Ferkioui, était le chef de l'orchestre dirigé par le cardinal du chaâbi dans les années 1950. Aux premières lueurs de l'indépendance, ce performant orchestre se dissout. L'orchestre en question comportait une fourchette de musiciens juifs, espagnols et italiens. Ces derniers sont tous partis en 1962. Le déchirement de cette séparation auprès de cet artisan miroitier a donné l'idée à Safinez Bousbia de tenter de rassembler les membres de cet orchestre après 50 ans de séparation. El Ghosto a cette force de retracer la genèse de l'histoire de la musique chaâbi et son évolution dans la société algérienne. Cette jeune réalisatrice s'est basée sur des témoignages des élèves directs de Hadj M'Hamed El Anka, à l'image d'El Bernaoui ou encore Robert Castel. En allant à la rencontre de ces anciens musiciens, aujourd'hui faibles de santé, ces derniers ont reconnu qu'ils avaient perdu de vue la plupart des membres de la famille musicale de cette époque-là... «A partir de là, le projet consistait à retrouver et réunir tous les membres de l'orchestre encore en vie, et non réaliser un documentaire. Le film et la musique viennent après la rencontre et l'aventure humaine. Dans leurs témoignages, les musiciens reviennent sur la guerre de Libération nationale et le rôle qu'ils ont tenu dans la révolution, mais aussi sur le départ «douloureux» de leurs compagnons qui même pieds-noirs, partageaient leur quotidien «dans sa misère et ses douleurs», a expliqué Safinez Bousbia, lors de la projection presse. Il est à noter que le projet de ce film documentaire a nécessité neuf ans de travail acharné. La réalisatrice a confié qu'elle a dû même vendre ses propres biens pour réaliser ce film. C'est dire que ce projet portant sur la mémoire était capital pour elle. Il faut rappeler que l'ensemble des musiciens sont remontés sur la scène du théâtre de l'Olympia à Marseille en 2007 et ce, sous la direction d'El Hadi El Anka, accompagné d'autres élèves de M'hamed El Anka tels que Abdelkader Chercham. Il est à noter que ce film a été présenté pour la première fois en octobre 2011 en Corée du Sud. Par ailleurs, El Ghosto est sorti dans les salles françaises en janvier dernier.
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