Pour le troisième jeudi du 1er Festival du film ibéro-américain organisé par l'ambassade d'Espagne en Alger et l'Institut Cervantès d'Alger (6 février/2 avril 2020), les férus du 7e art avaient rendez-vous avec la projection du long métrage La Frontera (La Frontière) du réalisateur chilien Ricardo Larrain.Sorti en 1991, le film, d'une durée de 113 min., est la première œuvre cinématographique de Ricardo Larrain. Une comédie dramatique qui se déroule durant une période charnière du Chili.
En effet, les événements du film se passent pendant les dernières années "du régime dictatorial de Pinochet". Une période qui a vu la liberté d'expression réprimée et les droits de l'Homme bafoués. Au cours d'une manifestation syndicale, un professeur de mathématiques, Ramiro Orellan (Patricio Contreras), signe une pétition en faveur d'un autre collègue enseignant disparu, comme c'est le cas pour tant d'autres enseignants ou intellectuels en ces temps du régime totalitaire du général Pinochet.
Cet acte ou plutôt cette prise de position va coûter cher à Ramiro Orellana, qui sera, à son tour, exilé au sud du pays, dans une bourgade du bout du monde, dans la zone qui dessine la "la limite historique entre les Indiens Mapuches et la colonisation espagnole". Il est placé sous résidence surveillée dans un petit village constamment dévasté par les raz-de-marée. Dans cette région désolée, abandonnée ? où est né Pablo Neruda ? il semble que le temps s'est arrêté. Les habitants du village accueillent avec méfiance Orellana. Nombre d'entre eux sont dans le même cas que lui : des exilés, des déportés de force. Et en ces temps de dictature, la méfiance est de mise. Mais au fil des jours, cette "suspicion" disparaît, laissant place à la confiance. Une amitié naît entre l'enseignant de mathématiques et ses compagnons de galère.
Outre vivre ou partager le même sort, l'autre point commun les liant est de trouver le moyen de résister et de faire face aux raz-de-marée qui sont légion. Les habitants ont tout perdu dans la dernière offensive de l'océan proche. Ramiro comprend vite que pour tenir le coup ou "survivre", il doit repousser ses limites, ses propres frontières intérieures? La Frontera, qui aborde la souffrance de l'exil et de la solitude d'une part et celle du lendemain inconnu et incertain d'autre part, oscille entre deux sentiments aussi paradoxaux que possible : la douleur et la joie. En effet, le réalisateur arrive à allier ces deux sentiments qui feront la force du film. Le réalisateur Riacardo Larrain nous fait découvrir des personnes qui se retrouvent du jour au lendemain loin de tout, coupées du monde. Dans cette situation précaire, elles font contre mauvaise fortune bon coeur. Elles réapprennent à revivre, à trouver leurs marques.
Elles essayeront, tant bien que mal, à adoucir leur quotidien. Une tâche qui ne sera point aisée, vu que Dame nature ne sera pas tendre. L'amour est également présent. Un sentiment qui donne de l'espoir en ces temps durs et incertains. La Frontera, un film qui raconte deux histoires. Les affres de la dictature et ses conséquences dans la première. La résistance de l'homme et sa force d'adaptation dans la seconde. Le tout, avec une pointe d'humour. Un humour à "double fond, propre au caractère chilien".
R. C.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Liberté
Source : www.liberte-algerie.com