L’UGCAA veut un ministère délégué auprès du ministre du Commerce
Plus de 50% de marchandises sont écoulées sur le marché informel en Algérie, lequel marché fait agir pas moins de 1.500.000 commerçants en noir, soit 250.000 de plus que ceux qui disposent de registres de commerce…
Pour l’Union générale des commerçants algériens (UGCAA), cette situation fait perdre au Trésor public 50% de ses recettes fiscales. Les raisons, estime-t-elle, sont multiples. Il s’agit notamment de l’absence d’une coordination entre les départements ministériels et les institutions concernées par l’organisation des marchés. Le département de Karim Djoudi, dont la responsabilité n’est pas des moindres, a été particulièrement sollicité pour alléger le cadre réglementaire en matière d’impôts et permettre ainsi l’absorption d’au moins un million de ces marchands en noir qui agissent sur le marché informel et les réintégrer au fur et à mesure dans les circuits réglementaires. La tâche ne sera pas des plus faciles puisqu’il y a lieu de résoudre le problème du foncier en donnant des lots de terrain pour la construction de marchés de proximité et de centres commerciaux. Le secteur du commerce a été aussi mis en cause dans la prolifération de l’informel où l’importation en divers produits menace sérieusement le développement économique du pays. Le département de l’Intérieur a été appelé, quant à lui, par l’association des commerçants algériens à s’organiser à travers ses collectivités locales (Apc, Apw), «complices» à ses yeux de l’aggravation de la situation des marchés, à agir et de façon dissuasive par l’intermédiaire de ses services de sécurité pour stopper la gangrène. Le département de la Santé est invité, pour sa part, à mettre en place une politique de prévention rigoureuse à l’égard des consommateurs, continuellement soucieux des produits qu’ils consomment, pour leur majorité issus de la contrefaçon.
Pour endiguer ce phénomène qui prend de l’ampleur dans notre pays toujours en phase de transition pour l’économie de marché, l’UGCAA propose, entre autres, la création d’un ministre délégué auprès du ministre du Commerce qui va prendre en charge l’organisation des marchés. Ce qui laissera toutes la latitude au département du Commerce de s’occuper d’autres missions plus importantes, en l’occurrence la prochaine adhésion de l’Algérie à l’OMC et le commerce extérieur dans ses volets exportations et importations. En outre, il s’agit, d’après l’Union des commerçants, de réactiver le rôle de la CACI qui voit ses commerçants adhérents grossir les rangs de la Chambre française du commerce et d’industrie ainsi que les 28 chambres de commerce régionales qui vivaient depuis longtemps en autarcie et en déphasage par apport au secteur productif et d’investissement dans leurs wilayas. L’UGCAA préconise à cet effet l’octroi de larges prérogatives aux présidents de ces chambres pour les soustraire de la gestion bureaucratique.
L’Union générale des commerçants algériens, dont une commission a été dernièrement reçue au ministère des Finances, évalue aujourd’hui le déficit en terme de registres de commerce à quelques 3 millions notamment dans le secteur des services qui, selon elle, pourrait absorber 50% du chômage. La récurrente question du week-end universel que suscite à chaque fois le FCE n’est pas dans les priorités l’UGCAA qui la considère comme étant une question secondaire comparativement à ce qui attend l’économie algérienne en terme de réformes structurelles, notamment en ce qui concerne le dossier de l’investissement et les exportations hors hydrocarbures. Et de conclure que c’est les importateurs qui défendent avec acharnement cette cause et ce sera une aubaine pour eux du moment qu’ils vont inonder encore plus, avec leurs produits, le marché algérien désorganisé.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com