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Processus d'effacement de la nation algérienne



C'est par l'ordonnance royale du 22 juillet 1834 que l'Algérie est devenue (art. 1 de cette ordonnance) «possession française», ce qui eut pour conséquence de soumettre le territoire annexé à la législation du territoire annexant. Le caractère de cette annexion a été précisé et modifié par de nombreuses lois organiques dont les plus importantes sont : a) le décret du 4 mars 1848 qui déclare l'Algérie «partie intégrante du territoire français» b) le sénatus-consulte du 13 juillet 1865 qui, dans son article premier, stipule que «l'indigène musulman est français» c) le décret du 28 août 1884 dit «décret de rattachement de l'Algérie au territoire français»
Processus des événements En août 1956 a été tenu le congrès de la Soummam dont l'instigateur était Abane Ramdane. La plate-forme de la Soummam, document appelé «Constitution révolutionnaire» posait les fondements d'une société nouvelle, démocratique avec égalité des citoyens (coexistence sur le même territoire des différentes communautés arabe, berbère, turque, juive, italienne, maltaise, espagnole, française, rejetant ainsi le fondement arabo-islamique de la société algérienne) et multipartisme. C'est à cet effet que l'article 2 de la déclaration du 1er Novembre 1954, qui fait de l'islam la religion du futur Etat Algérien, fut abrogé. D'après la Soummam, le but de la guerre est la recherche d'un cessez-le-feu ou d'un armistice en vue de négociation avec la France qui doivent déboucher sur un gouvernement issu d'une Assemblée constituante elle-même issue d'élections générales. La doctrine des autres moudjahidine de l'intérieur et le FLN de l'extérieur et de l'armée des frontières en Tunisie, au Maroc et en Egypte préconisait la solution militaire. Des négociations n'étaient envisageables qu'après la reconnaissance de l'indépendance de l'Algérie. Nuit du 10 au 11 août 1956 : La déflagration qui se produit à La Casbah, prélude à la bataille d'Alger, se solde par la destruction d'un gros pâté de maisons. Bilan : 80 victimes et une centaine de blessés. Cet attentat avait pour but de terroriser la population avant le rouleau compresseur des parachutistes pour briser la cellule FLN de la zone autonome d'Alger. 22 octobre 1956 : L'avion transportant les leaders du FLN du Caire vers la Tunisie est détourné sur Alger. 17 février 1957 : 5 mois après le congrès de la Soummam, Larbi Ben M'hidi fut arrêté, torturé et exécuté. 24 septembre 1957 : Capture de Yacef Saadi et dynamitage de la cache d'Ali la Pointe. Yacef Saadi était soupçonné d'être la taupe au service des services secrets français. 19 septembre1958 : Naissance au Caire du GPRA (Gouvernement provisoire de la République algérienne). 3 octobre 1958 : De Gaulle annonce à Constantine son plan économique et social pour l'Algérie. Le 23 octobre, il offrit la paix des braves au FLN qui n'est autre qu'une demande de reddition. Il abrogea aussi la loi sur l'inégalité des votes de 1947 ou la voix d'un Européen valait 8 voix d'Algériens. 28 mars 1959 : Amirouche (Aït Hamouda) et Si El Haoues tombèrent au champ d'honneur. Mai 1959 : Si M'hamed Bougara tombait au champ d'honneur lors de l'opération Couronne, véritable rouleau compresseur mené par le général Challe avec 380.000 militaires, des chars, des avions (T6, Dassault, Mistral) contre moins de 10 000 djounoud. Il est à signaler que pendant la révolution le pays était partagé en 6 wilayas dont la 4 était le pivot autour de laquelle gravitait la révolution et à sa tête le colonel si M'Hamed Bougara. Après la mort de Bougara , Si Salah (Zamoum Mohamed), fervent défenseur du congrès de la Soummam, a pris sa place. 16 septembre 1959 : Appel du général De Gaulle pour l'autodétermination de l'Algérie. De Gaulle, tout en acceptant les grands axes de la plate-forme de la Soummam, s'adresse surtout aux responsables de wilaya et aux djounoud de l'intérieur pour qu'ils répondent favorablement à la proposition et de là couper l'herbe sous les pieds du FLN et du GPRA de l'extérieur. Les cadres du FLN et les djounoud de l'intérieur qui ont refusé la main tendue de De Gaulle sont appelés «extrémistes». Nous remarquons une similitude dans la plate-forme de la Soummam, notamment dans l'esprit d'Abane Ramdane et dans cet appel de De Gaulle aux politiques et à l'armée de l'intérieur en court-circuitant le GPRA et les armées des frontières. La tentation serait de croire que la plate-forme de la Soummam était un prélude ou une assise préparatoire à l'appel du général et que les Berbéristes sont restés fidèles à la conception qu'ils se faisaient de l'Etat Algérien. L'affaire Si Salah est l'initiative du colonel Si Salah, originaire de Grande Kabylie, et du capitaine Si Abdelatif de répondre à la déclaration du général De Gaulle et de le rencontrer à l' Elysée en France, entrait dans le cadre du congrès de la Soummam. Mais pour le GPRA et l'armée des frontières, qui ont refusé la proposition de De Gaulle et qui voulaient l'indépendance totale et sans condition de la France, c'était une trahison. Les états-majors de l'intérieur veulent contrebalancer le pouvoir et l'autorité du GPRA et de l'armée des frontières si ces derniers ne répondaient pas favorablement à l'appel du général. Malheureusement pour eux, à la tète de la wilaya 1, il y avait Boussouf, à la wilaya 2 Bentobal et à la wilaya 5 Boumediene, tous membre du GPRA donc pas de ralliement. A partir de 1960 plusieurs rencontres auront lieu (Melun en juin 1960, Lucerne en février 1961, Neuchâtel en mars, Les Rousses en décembre 1961 et février 1962), qui oscillent entre discussions et pourparlers avant d'évoluer vers de véritables négociations en mars 1962. Entre-temps, en 1960, l'Assemblée générale de l'ONU vote à une majorité écrasante (63 oui, 8 abstentions et 27 contre) le droit à l'autodétermination pour le peuple algérien. Selon toute évidence, le nouveau chef de l'Etat français en prend compte et finira par évoquer «l'Algérie algérienne» Le 17 octobre 1961, des milliers de travailleurs algériens et leurs familles manifestèrent pacifiquement à Paris contre le couvre-feu que la préfecture de Paris venait de leur imposer. L'action des forces de l'ordre fut d'une violence extrême : ces hommes furent molestés, torturés et massacrés... Donc, le complot qui a voulu miner la révolution algérienne a échoué et les Berbéristes peut-être n'ont pas vu leur place dans ce nouvel Etat algérien arabo-islamique et aussi, des fois l'excès appelant l'excès, cela aurait dégénéré en un conflit aigu entre les irréductibles des deux camps, aggravé par l'indigence idéologique des uns et des autres. L'ancien gouverneur général Soustelle avait entrepris de susciter l'émergence d'une «troisième force», expression d'un pseudo-nationalisme dans le but de l'asservir à ses desseins et l'instrumentaliser contre le FLN sur le plan politique. Des espèces de «troisième force» à caractère militaire verront le jour qui s'orientera vers la constitution de contre-maquis afin de semer dans l'ALN et la population musulmane suspicion et discorde et provoquer des redditions (tentatives de constitution avortées de groupes contre-révolutionnaires de Abdelkader Belhadj, Kobus (régions de Aïn Defla), de Bellounis (région de Boussaâda-Djelfa). Voyage en Chine (27 novembre-30 décembre 1958) Avec le Premier ministre Chou-En-Lai, la délégation du GPRA a brossé un tableau de la situation politique, militaire, économique de l'Algérie pour conclure par une demande d'aide en armes, en finances et en vivres et une aide diplomatique pour la résistance. En plus des accords conclus, le Premier ministre disait «Les conditions de la victoire sont un juste commandement, une juste théorie, envisager une guerre de longue durée.» On est à l'époque, après le congrès de la Soummam d'août 1956, au début d'une guerre des chefs : l'intérieur, les maquis, contre les chefs en exil au Caire, les politiques contre les militaires. C'est ainsi qu'auront lieu des discussions secrètes à Belgrade (Yougoslavie), lesquelles s'achèvent le 22 septembre 1956 sans résultat probant. A la veille du 50e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, nous réitérons par ordre de priorité que: - l'Algérie est une et indivisible, elle est habitée par des Algériens sans connotation raciale ou régionale - l'islam est la religion de l'Etat algérien - l'arabe est la première langue officielle de l'Etat algérien ; non pas que cette langue soit la langue des Arabes, mais parce que Dieu la bénit et la préfère à toutes les langues usitées par l'humanité - l'amazighité est à préserver dans toutes ses dimensions culturelle, sociales et à promouvoir - développer et promouvoir l'anglais car c'est la langue de la technologie - garder le français facultatif. (Suite et fin)


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