Le procès de la filière maghrébine de trafic de drogue s'est poursuivi, hier, au tribunal criminel d'Oran. Les plaidoiries, qui ont commencé la veille, ont continué durant cette troisième journée consécutive du procès. Pour rappel, dans son réquisitoire, le procureur de la République a requis la perpétuité à l'encontre de 24 accusés. Cette peine, le maximum prévu par la loi, réclamée par le magistrat, a été contestée par les avocats qui ont estimé que même si tous les accusés étaient coupables, chacun avait accompli une « mission » différente et leurs peines ne devraient pas être identiques. Dans son réquisitoire, le représentant du ministère public avait notamment mis en relief sa conviction quant à la pleine responsabilité de chacun des inculpés dans cette affaire. Le ministère public a indiqué que l'enquête a dévoilé des faits surprenants et a donné des exemples des transactions financières effectuées, citant les versements effectués pour le compte du nommé Ch.O, commerçant établi à Maghnia. Des sommes, allant jusqu'à 300 millions de centimes, étaient versées quotidiennement dans le compte de ce dernier. Pour la seule journée du 2 janvier, quatre versements de sommes allant de 20 à 100 millions de centimes ont été effectués. Pour la journée du 6 du même mois, il avait reçu une somme de 287 millions en cinq versements. Le magistrat a souligné que c'est la première fois qu'un réseau de cette envergure est démantelé par les services de sécurité. Et d'ajouter que c'est un réseau qui menace la sécurité du pays et la santé des citoyens. Une vingtaine d'avocats devaient prendre la défense des accusés dont la plupart ont souligné que les procès-verbaux ne devraient pas être pris en considération par le tribunal, car les accusés auraient fait ces déclarations sous la pression des policiers. Un avocat a même fondu en larmes devant l'assistance. Auparavant, le tribunal avait procédé à l'audition des accusés qui ont nié les faits tels que révélés dans l'arrêt de renvoi de la Chambre d'accusation, revenant ainsi totalement ou partiellement sur leurs premières déclarations faites devant le juge d'instruction. Ch.O avait déclaré qu'il envoyait des produits alimentaires en gros pour des commerçants du Sud et l'Est du pays. Ces derniers lui versaient des sommes sur son compte et c'est la raison pour laquelle il y a eu des versements aussi importants. Un des accusés avait déclaré, après son arrestation, que le nommé Ch.O était le lien entre les narcotrafiquants en Algérie et leurs acolytes au Maroc. La plupart d'entre eux ont imputé leur implication dans ce dossier à «un malheureux concours de circonstances» qui leur a fait croiser leur chemin avec les autres coaccusés. Trente personnes, dont quatre en état de fuite et deux sous contrôle judiciaire, sont impliquées dans cette affaire d'»importation et exportation de drogue», à partir du Maroc vers la Libye en passant par l'Algérie et la Tunisie. Les faits remontent au 10 février 2007 suite à l'arrestation de trois des mis en cause et la saisie de 142 kg de kif dissimulés dans trois véhicules.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : J Boukraâ
Source : www.lequotidien-oran.com