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Procès de l'affaire Sonatrach 1



Procès de l'affaire Sonatrach 1
Très attendue par l'opinion publique, l'audition de l'ex-P-dg de la compagnie Sonatrach n'a rien apporté de nouveau, du moins lors de son passage devant le président du tribunal criminel. D'emblée, Mohamed Meziane dira : «J'ai la conscience tranquille. »Abder Bettache - Alger (Le Soir) - Affichant des signes de fatigue, l'ex-P-dg de Sonatrach a réitéré à maintes reprises «que le travail accompli à son époque était conforme et le ministre de tutelle était au courant de la moindre décision prise au sein du groupe». «Il faut remettre les choses dans le contexte de l'époque. Il y avait une grande pression à tous les niveaux. Nous devions maintenir la production et être au rendez-vous de nos engagements et d'un autre côté, il fallait entamer le processus de la sécurisation des sites de la compagnie», explique Mohamed Meziane, qui cite en exemple la base de vie du 24-Février située à Hassi-Messaoud. Selon lui dans cette dernière, «il y avait tous les cadres de Sonatrach qui y vivaient et il y avait aussi des techniciens étrangers qui y vivaient aussi avec leurs familles. Et d'ajouter : «Notre secteur était ciblé. Nous étions en concurrence terrible. Et il fallait se mettre dans le contexte de l'époque.»Le juge Reggad l'interrompt et lui demande de «parler des faits pour lesquels il est poursuivi dans cette affaire». Or, Mohamed Meziane s'est vu dans l'obligation de rappeler le contexte et de rappeler au tribunal criminel «la situation sécuritaire très difficile dans laquelle notre compagnie s'est retrouvée à cette époque». «Sonatrach était ciblée», a-t-il martelé. Le président rentre dans le vif du sujet et demande au prévenu de s'expliquer sur le rôle joué «par ses fils pour que la société allemande décroche le marché de la sécurisation».«Mon fils n'a rien à voir avec la société allemande»En réponse, l'ex-P-dg de Sonatrach dira à haute voix : «Mon fils n'àrien à voir dans le choix de la société allemande. Mon fils Rédha n'a rien à voir et n'avait aucun rôle dans ce choix». Le juge relance le débat et lui dit que «votre second fils Fawzi était associé dans ce groupement». «En votre qualité de P-dg de Sonatrach, le saviez- vous '», «Absolument pas. Je n'étais pas au courant et personne ne m'a informé», rétorque Mohamed Meziane. Il saisit cette opportunité pour porter à la connaissance du juge une mesure prise à l'encontre de son fils Rédha. «J'ai pris la décision de geler une promotion dont mon fils avait bénéficié légalement à l'époque où il était fonctionnaire au sein de la compagnie. Et aujourd'hui, on m'accuse de les avoir favorisés.Dieu merci, j'ai reçu une bonne éducation. J'étais le P-dg de Sonatrach et tout ce que je faisais était connu du ministre. Il était le président de l'assemblée générale du groupe», affirme Meziane.Non satisfait des réponses de l'ex- P-dg, le président du tribunal criminel tente d'arracher des aveux. Mais en vain. A chaque fois, Mohamed Meziane dira «j'étais très sensible à tout ce qui se passait au sein de la compagnie Sonatrach.Et je vous rappelle encore une fois monsieur le juge que nos actes et décisions étaient conformes à la réglementation et le ministre de tutelle était au courant». «Nous étions sur la bonne voie. Et aujourd'hui en 2016, le temps nous a donné raison», explique-t-il.«J'étais un simple invité à la fête de mon fils»L'audition de l'ex-P-dg de Sonatrach dure depuis la matinée. Son témoignage, aux yeux du président du tribunal criminel, est «d'une importance capitale». Le juge Reggad tentait à chaque fois de lui arracher des aveux au sujet des relations que ses deux fils entretenaient avec les sociétés impliquées dans ce scandale.C'est à ce moment précis, que le président du tribunal criminel lui cite le mariage de son fils Rédha fêté dans un grand hôtel à Tunis. «Vous avez assisté au mariage de votre fils et là vous avez rencontré le patron de Saipem, Tonny Rossi». Mohamed Meziane répond : «Je ne le connaissais pas et lors de ce mariage, j'étais un simple invité comme tous les autres invités. Moi, j'étais en compagnie de ma mère qui était très malade et de ma défunte épouse.»Le juge insiste sur les propos tenus par ses deux fils, lui rappelant qu'ils l'ont informé du fait qu'ils sont associés au sein de la société Contel. «Absolument pas M. le président», répond Meziane. Il fera savoir aussi que «même la villa de Souidania avait été vendue par mes deux enfants sans que je sois informé».En évoquant cette question, le président du tribunal criminel lui rappelle que ladite villa a été rachetée par Al Ismail Rédha, le patron du groupe algéro-allemend.L'audition de l'ex-P-dg de Sonatrach risque de se poursuivre aujourd'hui, treizième jour du procès de l'affaire Sonatrach.


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